Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Le président américain a introduit des tarifs douaniers supplémentaires sur l’acier et l’aluminium importés pour protéger les travailleurs américains en mai. Depuis, la guerre commerciale a pris une ampleur qui inquiète de nombreux pays.
© J.B. Forbes/AP ©

Tensions

Le dynamisme du commerce mondial est freiné

Selon les observations de l’OMC, les commandes à l’exportation ainsi que les frets aérien et maritime vont battre de l’aile ces prochains mois. Des observateurs craignent que, en cas d’escalade, le monde ne replonge dans la récession comme en 2008

Trois mois après le début de la guerre commerciale, le World Trade Outlook Indicator (WTOI), publié jeudi par l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et qui dessine la tendance des échanges internationaux, est tout près de passer en zone rouge. Quatre des sept éléments qui composent cet indicateur trimestriel, à savoir les commandes à l’exportation, le fret aérien, le fret maritime et le commerce de composants électroniques, sont orientés à la baisse par rapport au dernier WTOI, publié en mai. Le volume des échanges et la production et la vente d’automobiles sont stables. Seul le commerce de matières premières agricoles évolue positivement.

Lire aussi: Donald Trump déclare la guerre commerciale mondiale

Roberto Azevedo, le directeur de l’OMC, s’est abstenu jeudi de faire de commentaire sur l’évolution du WTOI. Mais dans une prise de position reçue par Le Temps, il ne cache pas son inquiétude. «La situation est grave, écrit-il. Les restrictions au commerce réciproques ne peuvent pas être la nouvelle norme. La poursuite de l’escalade risquerait de menacer les emplois et la croissance dans tous les pays, touchant surtout les plus pauvres.» Le Brésilien y lance un appel au secours à tous ceux qui considèrent le commerce comme une force positive: ces derniers doivent faire entendre leur voix. «Le silence pourrait être aussi dommageable que les actes qui conduisent à une guerre commerciale», plaide-t-il.

Et aussi: Les Etats-Unis ne sont pas une île

«On peut craindre le pire»

Sur le terrain, les clignotants rouges se multiplient. En Allemagne, la production industrielle a reculé en juin de 0,9% par rapport au mois précédent. Les commandes industrielles pour la même période, dévoilées lundi dernier, ont plongé de 4% sur un mois. Le tassement observé intervient clairement dans un contexte international tendu en raison des hostilités commerciales entre les Etats-Unis et l’Union européenne d’un côté, et la Chine de l’autre. En réalité, les conséquences se feront ressentir davantage ces prochains mois.

«Je dois admettre que la situation s’est détériorée, déclare Christian Grimme, économiste à l’Ifo, institut de recherches économiques lié à l’Université de Munich. On peut craindre le pire en cas d’escalade dans la guerre commerciale.» Il sait de quoi il parle. L’Ifo a publié jeudi son World Economic Climate; cet indicateur trimestriel est orienté à la baisse. «La période de boom que nous avons connue encore l’an passé ne se répétera pas», poursuit-il. Christian Grimm ne voit toutefois pas de chute brutale de l’économie mondiale: «Le ralentissement sera graduel», espère-t-il.

Et encore: Alors que sévit la guerre commerciale, la Chine n’a jamais autant exporté

Selon Sabrina Khanniche, économiste chez Pictet Asset Management (PAM), les risques sont liés à l’imprévisibilité du président américain Donald Trump. «Les incertitudes peuvent impacter l’investissement qui, à son tour, peut ralentir la croissance, avance-t-elle. En cas d’escalade, le choc d’offre et de demande freinerait la croissance et plongerait l’économie mondiale dans une récession sévère.»

Taïwan, indicateur avancé

Pour Sabrina Khanniche, Washington doit prendre conscience que les mesures de rétorsion chinoises et européennes portent surtout sur des produits finis américains et affectent directement l’économie des Etats-Unis.

L’économiste de Pictet ne se veut toutefois pas pessimiste. En effet, PAM fait ses analyses à partir un indicateur particulier: les commandes des biens auprès de Taïwan, le pays le plus intégré aux chaînes des valeurs mondiales. «Les commandes ont ralenti légèrement durant les trois derniers mois, mais la tendance reste à la hausse», fait remarquer Sabrina Khanniche.

Si les tensions s’estompent, la croissance repartira, tirée par les investissements, selon Sabrina Khanniche. «Les politiques fiscales, notamment en Chine, sont favorables, les conditions de financement sont intéressantes», affirme l’économiste.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo economie

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

Candidate au prix SUD de la start-up durable organisé par «Le Temps», la société Oculight est une spin-off de l’EPFL qui propose des aides à la décision dans l’architecture et la construction, aménagement des façades, ouvertures en toitures, choix du mobilier, aménagement des pièces, pour une utilisation intelligente de la lumière naturelle. Interview de sa cofondatrice Marilyne Andersen

«Nous tirons parti de la lumière pour améliorer le bien-être des gens»

n/a
© Gabioud Simon (gam)