EADS, la maison mère d'Airbus, envisagerait de jouer la carte de l'apaisement social chez l'avionneur selon le Wall Street Journal. Interrogé lundi à Toulouse, Louis Gallois, le président d'Airbus, a indiqué qu'il était envisageable de redistribuer tout ou partie du dividende d'EADS auquel l'Etat français et Lagardère, deux de ses principaux actionnaires, ont renoncé vendredi lors de l'assemblée générale du groupe de défense et d'aéronautique européen.

Le 4 mai, les actionnaires d'EADS avaient voté en faveur du versement d'un dividende de 0,12 euro par action, alors que le conseil d'administration n'avait fait aucune recommandation en ce sens.

Si cette mesure redistributive se concrétise, elle devrait aider à apaiser la grogne des salariés d'Airbus. Ils font l'objet d'un plan de restructuration drastique, baptisé «Power 8», destiné à redresser la compétitivité du fabricant d'avions, et ont mal réagi à la décision d'EADS de verser un dividende à ses actionnaires. Une «provocation» supplémentaire alors qu'ils avaient déjà été interloqués fin avril d'apprendre qu'ils ne percevraient en moyenne qu'une prime de participation de 2,88 euros au titre de l'année 2006. Des débrayages s'en étaient suivis. Ce montant a été jugé «dérisoire» et rapidement comparé par les syndicats au parachute doré de 8,5 millions d'euros empoché par Joël Forgeard, l'ancien PDG d'Airbus au moment de son départ.