EasyJet continue de peindre le ciel européen en orange. C’est comme si la crise glissait sur les ailes de ses Airbus A320/319, alors qu’elle affecte ses concurrents aux modèles d’affaires traditionnels. «Les gens sont plus soucieux de leurs dépenses. Nous en bénéficions», résume Thomas Haagensen, directeur commercial pour l’Europe du Nord, qui a convié jeudi la presse à un rappel des qualités de sa compagnie.

Selon une étude de l’institut conjoncturel BAK Basel, réalisée cet été, EasyJet génère 1,4 milliard de francs de retombées économiques pour l’Arc lémanique, soit 1% du PIB régional. La valeur ajoutée ainsi créée induit la création de 3000 emplois et se répartit comme suit: 560 millions pour le tourisme, 280 millions pour Cointrin et 175 millions pour les entreprises alentour.

Pourtant, EasyJet ne cherche pas à décupler sa présence à Genève Aéroport. Thomas Haagensen vise avant tout à y «utiliser plus efficacement les infrastructures existantes». Toutefois, en quinze ans, la compagnie a augmenté d’un tiers l’accessibilité à la Cité de Calvin, aujourd’hui équivalente à celle de Londres ou de Bruxelles. Alors que le leader de la plateforme aéroportuaire genevoise a essuyé de sévères critiques pour son manque de fiabilité horaire. Depuis l’été 2010, il a, semble-t-il, redressé la barre. «Notre taux de ponctualité est passé à 87% au 30 juin 2012», souligne Thomas Haagensen, qui vient d’actualiser son site internet avec de nouvelles fonctions, mais ne s’explique toujours pas pourquoi Suisse Tourisme rechigne à travailler avec sa compagnie.

Le transporteur aérien à bas coût devrait prochainement publier ses résultats annuels 2012. L’an passé s’est soldé par un chiffre d’affaires en hausse de 16% à 4,9 milliards de francs, pour un bénéfice net de 316 millions (+86%), notamment grâce aux «frais annexes» facturés aux passagers. Mise sous pression, EasyJet affiche depuis janvier 2012 des prix toutes taxes incluses, y compris les frais administratifs de 16 francs imputés par commande.

«Nous avons aussi ouvert quatre nouvelles bases, sur les 19 existantes, à Lisbonne, Toulouse, Nice et Londres [Southend]», renchérit Thomas Haagensen. En contrepartie, il a fallu fermer ce mois-ci celle de Madrid, suite à une augmentation de taxes aéroportuaires et la surcapacité ne permettant pas d’y occuper une position dominante.

La haute saison d’hiver

EasyJet, qui dispose néanmoins du plus vaste réseau du continent (lire ci-dessus), investit deux tiers de ses moyens dans la densification des routes existantes. Elle a dernièrement augmenté la fréquence de 20 d’entre elles (loisirs et affaires), réajustant à la baisse cinq autres: Glasgow, Bilbao, Bournemouth, Stansted et Newcastle.

Ses ressources restantes sont affectées à la consolidation des parts de marché, principalement au Portugal, en Suisse et dans l’Hexagone (Air France détient 50% du court et du moyen-courrier). Le relativement faible taux de pénétration des compagnies à bas coût y est respectivement de 34%, 26% et 24%. Des opportunités à saisir, qu’EasyJet ne semble pas trouver dans les pays de l’Est, un axe jugé non prioritaire.

«Cette année, nous prévoyons plus de 10% de croissance en Suisse, soit 10% à Genève et 15% à Bâle», enchaîne Thomas Haagensen, sans évoquer d’attentes pour Zurich, «la plateforme la plus chère d’Europe». Cet hiver, environ 2300 vols – sur 18 000 – supplémentaires sont annoncés depuis Genève, soit jusqu’à 24 liaisons quotidiennes vers Londres. Outre ces capacités saisonnières supplémentaires, EasyJet ouvre la liaison Genève-Lille dès l’été 2013, ainsi que Londres-Moscou et Milan-Rome au printemps, brisant ainsi le duopole et le monopole présents.