Construction

A Eclépens, Holcim verdit son ciment

Recyclage de déchets de chantier et récupération de chaleur: sur son site d’Eclépens, le géant du ciment et du béton teste des méthodes pour diminuer l’empreinte de cette industrie sur l’environnement. Le groupe ne prévoit cependant pas de les déployer à large échelle

Comme un cagnard estival en ce frais matin d’automne, la chaleur irradie. A quelques mètres du cœur de la cimenterie, qui abrite au milieu de la forêt de silos bétonnés sa pièce maîtresse: le four. Celui de l’imposante cimenterie vaudoise de Holcim à Eclépens mesure «60 mètres de long pour 4 mètres de diamètre», précise François Girod, responsable du site, que Le Temps a visité mi-octobre. Le cylindre d’acier tourne lentement sur lui-même, malaxe le magma de calcaire et d’argile qui, au terme du processus, atteindra un maximum de 1450°C. La température idéale pour un clinker juste à point.

Le clinker, c’est la composante première du ciment Portland, le plus répandu au monde, qui sert à la fabrication du béton et assure sa résistance. Il se compose pour l’essentiel de calcaire et d’argile. Il est aussi le principal coupable de l’empreinte environnementale de cette industrie qui génère 8% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Une tonne de ciment produit représente presque autant de CO2 émis (850 kilos, selon les chiffres de l’association européenne Cembureau).