Les projets de création ou d'extension d'écoles privées se multiplient entre Nyon et Morges pour répondre aux besoins des familles de cadres expatriés employés dans les multinationales de la région. S'ils devaient tous se réaliser, ce sont près de 2800 places qui pourraient être créées avant 2010.

«Le nombre d'expatriés a explosé ces trois dernières années sur La Côte», confirme Eric Maire, du Développement économique vaudois (DEV). Cette nouvelle demande pousse les écoles privées à ouvrir des classes au plus vite.

Augmenter les capacités

Déjà au complet à Lausanne, l'Institut Mont-Olivet comme le Collège Champittet avaient ouvert des succursales sur La Côte, à Vich et à Nyon, entre 2002 et 2004. Prises d'assaut, toutes deux prévoient aujourd'hui d'augmenter leurs capacités. «Je n'avais pas imaginé l'arrivée d'autant d'acteurs», glisse Christian Fluhr, directeur de Champittet, qui négocie avec la commune de Gland pour ouvrir une école de 600 places. De son côté, Mont-Olivet va mettre à l'enquête ces jours la construction de 25 salles de classe à Vich.

La forte demande pour des filières primaires et secondaires anglophones a également attiré l'International School des Monts-de-Corsier, qui ouvrira dès septembre une première antenne avec 150 élèves dans des locaux temporaires à Rolle en attendant la construction d'ici deux ans de locaux définitifs de 350 places.

Le projet le plus ambitieux prévoit l'implantation d'une école pouvant accueillir jusqu'à 1500 élèves en rase campagne à Colombier-sur-Morges. Le concept a été proposé par la société américaine Sabis, spécialisée dans la construction d'écoles privées livrées «clé en main». Selon une méthode rodée dans 14 pays, le groupe se charge de trouver le financement auprès des entreprises de la région et fournit un concept pédagogique. Selon le Développement économique vaudois qui soutient le projet, l'école pourrait ouvrir ses portes à la rentrée 2009 et compterait une dizaine de partenaires financiers.

Oppositions diverses

Alors que les entreprises déjà établies ou en cours d'implantation dans la région appellent de leurs vœux la création d'écoles anglophones ou bilingues, les communes se montrent parfois réticentes.

A l'exception de Colombier, dont le syndic, Oscar Cherbuin, doit refréner son enthousiasme lorsqu'il évoque le projet de Sabis, plusieurs municipalités s'opposent plus ou moins ouvertement aux promoteurs. «Il faut dire que cette clientèle n'utilise jamais les transports publics», admet le syndic. Mais les craintes d'une explosion du trafic routier n'expliquent pas tout.

Christian Fluhr ne s'étonne plus du «désintérêt quasi affiché» de la municipalité de Gland devant son projet, qui promet pourtant la création d'une centaine d'emplois. Selon lui, «la lenteur inexplicable» de l'administration s'expliquerait par un réflexe de «mise en opposition de l'enseignement public et privé».

Le directeur de la Chambre du commerce de Genève, François Naef, regrette quant à lui que le système public ne soit «pas très adapté» aux besoins des expatriés, «ce qui est particulièrement dommage pour une ville internationale comme Genève». Seul le canton de Fribourg a innové en la matière en accordant une garantie de déficit sur trois ans à l'International School, qui ouvrira une école en septembre à Matran.