économie

Economie: les défis qu’Emmanuel Macron devra relever

Le président élu profitera du retour d’un cycle économique favorable tant en France que dans la zone euro et dans le monde. Il promet un plan de relance de 50 milliards d’euros pour remettre l’économie française sur les rails

Accélérer la croissance et créer des emplois, améliorer l’efficacité de l’Etat, gagner en compétitivité et renforcer l’intégration européenne. Telles sont les priorités définies par le président élu dans son manifeste électoral pour remettre l’économie française sur les rails. «Emmanuel Macron est chanceux, il arrive à un moment où le cycle économique est favorable non seulement en France, mais aussi dans la zone euro et dans le monde», fait remarquer Philippe Uzan, responsable des gestions chez Edram à Paris. Son objectif de ramener le taux de chômage de 9,7% en 2017 à 7%, en 2022, année de la fin de son mandat présidentiel, paraît ainsi réaliste. Le chômage reste la première préoccupation des Français, avant la question de la sécurité.

Lire aussi: Emmanuel Macron futur nouveau président avec plus de 60% des voix

Emmanuel Macron a dessiné de nombreuses pistes pour atteindre son objectif de croissance et d’emploi. Il n’entend pas toucher aux sujets sensibles de la semaine de 35 heures ou de l’âge de la retraite à 62 ans. En revanche, il veut aller plutôt vite avec son projet de libéralisation du marché du travail, dans l’espoir que les patrons embauchent. Il veut aussi leur en donner les moyens: il a promis de réduire le taux d’imposition des bénéfices de 33% à 25%.

Pas de faux espoirs

L’autre point fort du programme du président élu: le plan de relance de 50 milliards d’euros qui sera financé par un plan d’économies et une maîtrise des dépenses publiques. Le gouvernement Macron s’attellera ainsi à réduire le nombre de fonctionnaires, notamment dans les collectivités locales. Son objectif est d’atteindre 120 000 départs sur cinq ans.

«Son projet est réaliste, affirme Arthur Jurus, économiste et stratège chez Mirabaud Asset Management. Les précédents gouvernements ont réduit les effectifs dans le service public, avec des départs à la retraite qui n’ont pas été remplacés.» Emmanuel Macron prévoit par ailleurs de créer de nouvelles places de travail dans certains secteurs. Dont 4000 à 5000 dans l’enseignement ou 10 000 dans la sécurité (policiers et gendarmes).

Lire: Macron-Le Pen, deux visions antagonistes de la France

Selon le stratège de la banque Mirabaud, les projections d’Emmanuel Macron, notamment en termes de croissance et de finances publiques, ne sont pas séduisantes à première vue. «Mais elles sont cohérentes, détaillées, ciblées et réalistes, dit-il. En visant un taux de croissance de 1,8% en 2022, contre 1,1% en 2017, il reste cohérent et gagne en crédibilité.» Arthur Jurus estime encore que «le langage de vérité et l’environnement économique favorable permettront au nouveau président de mettre en œuvre son programme, dans le dialogue avec les partenaires sociaux.»

Légitimité politique

Philippe Uzan, de Edram, abonde dans le même sens. «La mise en œuvre de son programme exige des réformes difficiles, dit-il. Mais elle est faisable du fait qu’il a annoncé la couleur pendant la campagne électorale. Le résultat du scrutin lui donne une légitimité politique.»

Selon lui, si le président élu parvient à rassembler une majorité à l’assemblée législative, cette légitimité sera alors double. Après les nombreuses réformes structurelles opérées ces dernières années, l’arrivée d’un nouveau président offre une chance de poursuivre dans cette voie.

Lire aussi: Emmanuel Macron, de l’Elysée à l’Elysée

«Le diagnostic est connu: la France a besoin de gagner en compétitivité et cela passe par la maîtrise du coût du travail, la baisse de la fiscalité et un meilleur fonctionnement du marché du travail», poursuit le stratège. Il ajoute que le pays compte tout de même des atouts non négligeables: son savoir-faire, son système de formation, même s’il est perfectible, ses infrastructures, son positionnement en Europe et dans le monde.

Emmanuel Macron compte aussi s’appuyer sur l’Union européenne pour remettre la France sur les rails. «Si la zone euro va bien, la France sera aussi en meilleure santé, estime encore Philippe Uzan. Il prend la barre dans un environnement favorable en matière de respect des règles européennes.»

Les réformes de ces dernières années ont aidé à redresser les finances publiques. Le déficit public est passé de 8% à 3% et la dette publique – 96% du PIB –, proche de la moyenne européenne. Le pays inspire la confiance et se finance à des taux d’intérêt très bas, c’est-à-dire proches de zéro.

Publicité