Des têtes sont tombées en 2011: plusieurs groupes et sociétés helvétiques ont subi d’importants coups de balai dans leurs directoires. Parmi les perdants, Oswald Grübel, ex-patron d’UBS, ou les chefs de Sonova, emportés par des affaires de fraude.

Samedi 24 septembre, UBS confirme la démission attendue d’Oswald Grübel. L’Allemand quitte le numéro un bancaire helvétique qui l’avait appelé à la rescousse en février 2009 après la crise financière. Fragilisé par la découverte de la fraude d’un courtier londonien ayant entraîné une perte de 1,8 milliard de francs, il dit assumer ses responsabilités.

Oswald Grübel est remplacé par le Tessinois Sergio Ermotti, directeur des activités d’UBS en Europe, Afrique et Moyen-Orient. Le président du conseil d’administration Kaspar Villiger démissionne pour mai 2012 et laisse la place, plus tôt que prévu, à Axel Weber, ancien président de la banque centrale allemande.

Démission en bloc

Chez Sonova (appareils auditifs), toute l’équipe dirigeante démissionne en bloc en mars, après la découverte d’irrégularités avec des transactions boursières. Le patron Valentin Chapero, le chef des finances Oliver Walker, ainsi que le fondateur et président du conseil d’administration Andy Rihs sont remplacés par respectivement Alexander Zschokke, Paul Thomson et Robert Spoerry.

Edgar Oehler est épinglé pour avoir confondu les finances de son entreprise – AFG Arbonia-Forster – et les siennes. Face aux pressions, l’ancien conseiller national abandonne la direction et la présidence du conseil d’administration du groupe industriel thurgovien.

Tirant les conséquences d’une fraude, Guy Dubois démissionne avec effet immédiat en avril de la tête de Gategroup (services aux compagnies aériennes). Il est remplacé par Andrew Gibson.

Fin du nucléaire

Le directeur général d’Alpiq Giovanni Leonardi jette l’éponge avec effet immédiat en septembre deux jours après le «oui» du Conseil des Etats à la sortie du nucléaire. Depuis, le fournisseur d’électricité est dirigé ad interim par le président du conseil d’administration Hans Schweickardt.

Alors qu’il avait abandonné la tête d’Implenia un an plus tôt, Anton Affentranger reprend la direction du leader suisse de la construction en octobre après le départ de Hanspeter Fässler, patron depuis un peu plus d’un an.

En été, Gerald Quindlen, directeur du vaudois Logitech (périphériques informatiques) depuis 2008, quitte le navire. Son prédécesseur Guerrino De Luca, devenu président du conseil d’administration, le remplace.

En mai, Richard Laube, ancien de Nestlé, prend les rênes de Nobel Biocare. Le spécialiste zurichois des implants dentaires se sépare de Domenico Scala, qui présidait la direction depuis septembre 2007, la veille de la publication des comptes 2010.

Bon moment

Stefan Lippe, directeur général de Swiss Re, trouve que c’est le bon moment pour passer la main. L’Allemand, 56 ans, prendra sa retraite anticipée courant 2012, estimant avoir remis le réassureur zurichois sur les bons rails depuis son intronisation en 2009. Sa succession est ouverte.

Sulzer se cherche aussi un nouveau patron depuis le départ de Ton Büchner, aux commandes depuis 2007. En attendant, le groupe industriel zurichois est dirigé par le directeur des finances Jürgen Brandt.

Chez Tornos, le patron en fonction depuis janvier jette l’éponge huit mois plus tard. Philippe Jacot quitte le fabricant prévôtois de machines-outils et laisse la place à Michael Hauser.

En juillet, le conseil d’administration de Swissmetal – nommé un mois plus tôt – se défait avec effet immédiat du directeur général Olaf Schmidt-Park, en poste depuis un an. Le président du conseil, l’ex-patron controversé Martin Hellweg, nomme à sa place un de ses proches, Patrick Huber-Flotho.

Le commerce de détail aussi

Chef de Coop depuis près de quinze ans, Hansueli Loosli passe la main à Joos Sutter le 1er septembre. Il reprend à la même date la présidence du conseil d’administration de Swisscom ainsi que celle de Coop.

La transition est plus abrupte chez Denner (Migros), avec le départ subit de Peter Bamert en janvier pour «divergences de vue sur la conduite stratégique de l’entreprise». Même motif invoqué par André Maeder, patron de Charles Vögele, qui claque la porte du groupe de confection en septembre.