Le train de la reprise est passé par Genève l'an dernier. Mais les wagons sectoriels ne vont pas à la même vitesse. Alors que les exportations sont le moteur de la croissance, l'économie locale bénéficie de l'embellie, mais dans une moindre mesure.

Voilà les grandes lignes que la Chambre de commerce et d'industrie de Genève (CCIG) - qui s'appellera désormais Chambre de commerce, d'industrie et des services - a tiré de son enquête sur la conjoncture genevoise 2005, présentée mercredi.

«Avec une croissance de 12% et représentant la moitié des exportations, l'horlogerie est première de classe avec la finance, a indiqué Philippe Meyer, membre de la direction de la CCIG. Ces deux secteurs sont les turbos de notre économie.» Et tous deux s'attendent à un excellent exercice 2006. Près de la moitié des banques indiquent même qu'elles vont augmenter leur effectif, l'autre moitié tablant sur une stabilité de l'emploi. En revanche, l'alimentation, l'habillement, les meubles ou le marché des voitures tirent la langue.

Cette dichotomie de l'économie genevoise surprend jusqu'au président de la chambre, Michel Balestra: «En deux ans, les forts gains de productivité en Suisse nous ont permis de devenir très compétitifs à l'exportation. J'ai pensé que le marché intérieur repartirait plus rapidement et s'accrocherait à ce wagon de l'export. Cela me fait craindre d'éventuels déficits structurels.» Mais pour lui, pas de doute, si Genève veut relancer la demande locale, elle doit reloger une plus grande partie de ses travailleurs actifs. Une manière de glisser au gouvernement que le logement doit devenir LA priorité à Genève.