«Seriez-vous prêts à partir vous faire opérer à l'étranger?» C'est cette question de départ que Stéphane de Buren, médecin genevois, s'est posée pour mener à bien son projet entrepreneurial. Une enquête menée par un organisme indépendant a montré que 50% des Suisses répondent oui à cette question. A deux conditions près: que le prix soit plus bas qu'en Suisse et que la qualité des soins soient au moins équivalente. Suffisant pour que Stéphane de Buren tente sa chance et lance Novacorpus International Healthcare, une société qui veut faciliter le tourisme médical des Helvètes, présentée mercredi à Genève.

«Bien qu'il soit relativement cher, le système de santé suisse est bon, estime le Genevois. C'est pourquoi se faire soigner à l'étranger reste pour l'heure marginal. Mais la tendance va s'accélérer», estime-t-il. Depuis une année, cet ancien directeur marketing et ventes d'Unilabs met son réseau sur pied.

Pour l'heure, deux cliniques ont été sélectionnées. A Barcelone, le patient suisse pourra s'offrir les soins dentaires pour des économies de l'ordre de 50% tous frais compris. A Grenoble, la clinique Vision Laser des Alpes propose la correction de la vision (myopie, astigmatisme, etc.). Novacorpus a conclu des partenariats d'exclusivité avec ces établissements, ce qui lui permet d'offrir un prix moins élevé que si le patient s'adressait en direct à la clique. «Les médecins sont francophones et les cliniques répondent à des critères très stricts en termes de qualité. Je les ai personnellement visitées», précise Stéphane de Buren. S'il ne veut dévoiler aucun plan financier, le médecin se montre confiant quant à l'avenir. Il peut notamment se targuer de pouvoir proposer une assurance spéciale élaborée avec Elvia, qui couvre les risques médicaux sur place et jusqu'à un an après le retour.

Prochaine étape: la chirurgie esthétique

Ne «pique»-t-il pas ainsi la clientèle de ses confrères? «Non, par exemple pour les soins dentaires, des patients hésitent car ils n'ont pas les moyens, donc ils ne le feraient pas en Suisse. Et puis, les soins postopératoires sont faits en Suisse.»

Ce tourisme médical prend son essor dans les prestations non remboursées par les caisses maladies. Dans cette optique, Novacorpus sélectionnera cette année encore une clinique pour la chirurgie esthétique. «Nous sommes sur plusieurs pistes, comme la Tunisie, la Belgique ou la Turquie, mais aucune décision n'a été arrêtée.»