Vetropack investit 34 millions à Saint-Prex (VD), dans sa dernière usine helvétique. Celle-ci produit chaque année quelque 300 millions de bouteilles en verre, soit environ 10% de la production globale du groupe alémanique. Jean-Pierre Cavin explique sa stratégie pour amener le site qu'il dirige à la rentabilité.

Le Temps: Dès ce jeudi, Vetropack démarre les travaux pour changer de four à la verrerie de Saint-Prex. Pour une nouvelle technologie? Jean-Pierre Cavin: Ce four a été construit en 1971 et, même s'il a été rénové, les technologies ont évolué. Celle que nous allons mettre en place est la même qui équipe nos usines autrichiennes par exemple. Tout se joue au système du chauffage quand on sait qu'à l'intérieur du four la température grimpe à plus de 1500 degrés. Celui du nouveau four sera plus efficace et la récupération de chaleur meilleure.

- A combien s'élèvera le bénéfice énergétique?

- Nous utiliserons 30% de mazout en moins.

- L'avenir du site est-il ainsi assuré?

- Nous connaissons des difficultés depuis un certain nombre d'années, dues à un fléchissement des ventes, notamment dans le commerce de vin. Nous devons répondre aux coûts de main-d'œuvre élevés par une rationalisation. Nos effectifs, de 180 personnes actuellement, sont plutôt en diminution pour le même volume produit. Ce nouveau four nous permettra également d'économiser de l'énergie. Le groupe veut maintenir l'usine de Saint-Prex, ce four en est un signe fort pour la pérennité du site.

- Vous réalisez également trois nouvelles halles de stockage...

- Oui, l'idée est là encore de recentrer la production qui est stockée dans les environs de Morges autour de l'usine de Saint-Prex, pour réduire les frais de location, de manutention et de transports.

- Durant les trois mois d'interruption de la production nécessaires à la construction du nouveau four, que vont faire vos 180 collaborateurs?

- Il n'y aura pas de chômage. Nous continuerons de livrer nos clients. Nous profiterons également de cette occasion pour réviser l'ensemble des installations, puisque nous sommes repartis pour dix ans!

- Quel sera l'impact des investissements sur l'exercice en cours?

- Comme nous arrêtons la production durant trois mois, l'exercice sera assez défavorable, mais nous nous attendons à un retour à la normale en 2007. Le but final est quand même d'atteindre la rentabilité.

- Justement, quelles sont les autres options stratégiques que vous avez prises pour développer vos affaires? - Nous devons trouver des débouchés à l'export. Nous avons commencé en 2005 avec des bouteilles de bière. Nous allons continuer à nous tourner vers l'exportation.