Année après année, la consommation de vin en Suisse s'étiole. 2006 n'a pas échappé au marasme ambiant. Les Suisses ont bu 2,7 millions d'hectolitres, soit 2,5% de moins qu'en 2005. Pour enrayer cette spirale, les producteurs helvétiques essaient de diversifier leurs canaux de distribution. Provins a ainsi dû opérer une mue, initiée il y a une dizaine d'années. Le géant valaisan, qui pèse 10% du secteur en Suisse, a d'abord implémenté une plate-forme internet de vente. «Le site accueille aujourd'hui quelque 35000 visiteurs par mois et a été rentabilisé en deux ans», a expliqué mercredi Pascal Rubin, directeur général adjoint de la coopérative, dans le cadre du colloque annuel de PME Université qui s'est tenu à Yverdon-les-Bains. Par ailleurs, Provins a mis l'accent sur les vins haut de gamme. Ces derniers représentent désormais 15% des ventes, contre 2 à 3% il y a encore peu. La société réalise bon an mal an un chiffre d'affaires compris entre 65 et 72 millions de francs.

Juste un verre...

Provins a mis en place un nouveau système de conditionnement du vin pour les bars et restaurants, qui favorise la consommation au verre dont les amis de Bacchus d'outre-Sarine sont particulièrement friands. La machine, fabriquée par la société italienne Enomatic qui coûte de 5000 à 16000 francs selon le nombre de bouteilles intégrées, est gratuitement mise à disposition. Aux bars et aux restaurants de générer un chiffre d'affaires minimum avec, évidemment, les produits Provins. Le concept pourrait franchir une étape supplémentaire d'ici trois à cinq ans. La société réfléchit en effet à la possibilité de livrer un concept clés en main de bar à vins. Les cartes à puce pourraient alors faire leur apparition. «Il suffirait au client de recharger son sésame pour ensuite consommer à sa guise», selon Pascal Rubin. Ce n'est pas pour autant que Provins lancera des boutiques en propre.