CRH Gétaz Holding fait ses premiers pas au Tessin. Un an après le rachat du groupe vaudois Gétaz Romang par le géant irlandais CRH pour 540 millions de francs, ce dernier s'empare de Rego et Regusci, leaders dans leur région dans les matériaux de construction et les techniques sanitaires. Le montant de la transaction, annoncée mardi, n'a pas été dévoilé.

Le Temps: Vous êtes désormais présents dans toute la Suisse?

Jean-Jacques Miauton: Oui, l'acquisition de Reco et Regusci, détenus par le même propriétaire Luca Regusci, représente neuf succursales et 70 employés au Tessin.

- Les portes de l'Italie s'ouvrent-elles à vous?

- Oui, en tout cas celles du Nord de l'Italie, comme la Lombardie et le Piémont. Les deux sociétés tessinoises y mènent des activités depuis des décennies.

- Voyez-vous d'autres possibilités de rachat au Tessin?

- Oui, cette tâche a d'ailleurs été confiée à Luca Regusci.

- Et en Suisse alémanique?

- Nous étudions actuellement des offres et en recherchons aussi. Nous avons des critères de performance assez élevés. Nous ne voulons pas redresser des sociétés, mais racheter celles qui ont déjà du succès.

- Dans quels domaines voyez-vous le plus d'opportunités?

- Dans tous ceux où CRH Gétaz Holding est active, soit la vente de matériaux, de sanitaire, de bois, de cuisines, de carrelage, de produits sidérurgiques, de techniques du bâtiment, d'outillage, de visserie et de vêtements de travail. En Suisse, nous ne sommes leaders dans aucun de ces métiers. Nous sommes les seuls à disposer d'un profil aussi élargi. L'idée est que l'entrepreneur ou le privé puisse trouver tout au même endroit.

- En Suisse romande, la croissance est-elle toujours au rendez-vous?

- Oui, il y a certes moins d'avis d'enquête, mais nous ne percevons aucun ralentissement pour l'instant. Nous investissons beaucoup dans la formation des apprentis et des employés, 2700 dans toute la Suisse. Nos collaborateurs constituent la principale valeur de l'entreprise.

- Comment se passe votre intégration dans CRH?

- Elle est très agréable, aucun licenciement n'a été effectué. Même si je dois rendre des comptes aux dirigeants de CRH, j'ai gardé mon indépendance.

- Quels objectifs vous ont-ils fixés?

- Nous devons au minimum maintenir notre bénéfice au même niveau que celui de l'an dernier, voire l'augmenter légèrement. Depuis six mois, nous avons aussi l'objectif de réaliser des acquisitions. Nous avons été en négociation avec le patron des deux entreprises tessinoises depuis six mois et sommes tombés d'accord cette semaine.