«L'année 2008 sera-t-elle vraiment moins bonne?» Guy-Philippe Bolay, directeur adjoint de la Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie, pose la question en forme de boutade. Mais on sent qu'il n'en est pas intimement convaincu. Certes, l'enquête conjoncturelle menée par la CVCI montre quelques signes de tassement, mais «quand vous discutez avec les patrons, ils parlent encore d'excellents chiffres sur les premiers mois de l'année», explique-t-il.

Selon la méthode des soldes utilisée pour ces enquêtes, l'année 2007 est qualifiée d'exceptionnelle (62% des entreprises la jugent bonne ou très bonne). Ces dernières se montrent néanmoins un peu moins optimistes pour 2008 qu'elles ne l'étaient à l'automne (solde positif de 43 contre 54). D'ailleurs, l'indicateur synthétique de la marche des affaires dans l'industrie, publié trimestriellement par la Commission conjoncture vaudoise, indique également un léger fléchissement pour le deuxième trimestre. Mais attention, l'activité reste élevée: le taux d'utilisation de la capacité technique demeure à un très bon niveau, avec 84,3%, et la durée assurée de production est même remontée à 3,8 mois.

L'impact négatif de l'euro

Compte tenu de la tourmente financière actuelle, la CVCI s'est dite «surprise en bien» en décortiquant les résultats de l'enquête. «Une entreprise sur trois envisage d'embaucher cette année, alors que seulement 5% s'attendent à une réduction de leurs effectifs, poursuit Mireille Bigler, chargée de l'enquête. Pas de doute, le climat général reste bon!» Parmi les points plus délicats, soulignons que près de 40% des entreprises interrogées se disent affectées par la force de l'euro.