Il fut un temps où le sous-traitant attendait sagement les commandes. Il était alors chanceux en cas de bonne conjoncture ou victime lorsque le climat économique se détériorait. Mais ce temps-là est révolu. «Le sous-traitant ne doit plus se limiter à l'être. Ne soyez plus passifs!» C'est en ces termes que Pierre-Olivier Chave, président de PX Group à La Chaux-de-Fonds a exhorté ses confrères entrepreneurs à réagir, à l'occasion d'un forum organisé par le Swiss Venture Club mardi dans la cité horlogère.

40% des emplois de l'Arc jurassien sont encore liés à l'industrie. «Les sous-traitants qui s'en sortent sont les moteurs du changement», a poursuivi l'orateur. Car la mise sous pression par les «grands» est toujours plus forte, comme l'a illustré André Haemmerli, directeur des activités neuchâteloises de Johnson & Johnson: «Nous recherchons des partenaires prêts à suivre des programmes de réduction des coûts.» La qualité est également déterminante, puisque le géant américain privilégiera des entreprises qui l'approvisionnent en pièces qu'il peut directement intégrer dans son stock sans les recontrôler.

Face aux nouveaux concurrents, «nous devons garder notre avance dans la formation continue», insiste Pierre-Olivier Chave, qui pense que le Swiss made est un leurre. «Il ne faut pas imaginer que cela nous protégera de la concurrence étrangère...»

Les décolleteurs s'unissent

Pour survivre et ne pas rester le maillon faible, certains devront se regrouper. Francis Monnier, patron de la petite entreprise de décolletage Ravine à Cormondrèche montre l'exemple. Avec son association Swiss Microtech, qui regroupe sept sociétés de l'Arc jurassien actives dans le même domaine, certains pas ont été franchis. «Nous réalisons par exemple des achats en commun», explique Francis Monnier. Mais la prochaine étape s'annonce d'ores et déjà plus ardue: «Nous aimerions nous implanter sur le marché américain sous un seul nom. Le pari est difficile en raison de l'individualisme régnant dans la profession.»