Du concept original à l'entreprise viable, une aventure aux méandres parfois tortueux. Mais une aventure qui ne fait visiblement pas peur à l'Ecole hôtelière de Lausanne (EHL). Mercredi, l'établissement vaudois a lancé un nouveau département, baptisé INTEHL pour Institut for Innovation and Entrepreneurship. «Alors que les bonnes idées ne manquent pas, il n'y avait pas de vrai incubateur dans l'industrie hôtelière, relève Ray Iunius, directeur de cette unité. L'entrepreneuriat est devenu un axe stratégique de l'EHL, nous devions donc mettre sur pied quelque chose de concret.»

Un club d'entrepreneurs, de coaches et d'investisseurs, emmené par Paul Dubrule, président et cofondateur du groupe Accor, réalisera la première sélection des projets. Ensuite, cinq étudiants de l'EHL consacreront 9 semaines à plein-temps pour établir un business plan. Si le concept est viable, le club décidera si un financement est accordé. Enfin le porteur du projet sera accompagné pour démarrer son entreprise.

20 projets par année

«Contrairement à ce qu'on pourrait croire, le financement n'est pas le plus difficile à trouver, estime Ray Iunius. Mais c'est l'adéquation dans le temps entre les projets et ces fonds qui font parfois défaut. Notre rôle consiste justement à la mise en réseau, au bon moment. Deux banques sont pour l'heure partantes pour investir, de même que Novatrend ou Delman à Genève ainsi que des privés. Dans une deuxième étape, l'idée serait de monter un fonds d'investissement.»

Quel jeune peut aujourd'hui s'offrir un hôtel pour y développer un concept, aussi original soit-il? «Très peu», estime Ray Iunius. INTEHL a pour l'ambition de dynamiser les métiers de l'accueil. Aujourd'hui, trois projets sont déjà dans ce processus d'incubation: un professeur veut se lancer dans l'informatique pour les hôtels; un frère et une sœur veulent reprendre une propriété en Alsace et élaborent un business plan; une personne active dans les ressources humaines rêve d'ouvrir un hôtel-boutique à Rome. A terme, l'incubateur pourra accueillir une vingtaine de projets.

L'EHL crée ici un pont supplémentaire entre les milieux académiques et les milieux privés. «C'est aussi une aventure qui comporte des risques, estime le directeur. Mais c'est le rôle de l'EHL d'en prendre.»