Un cœur qui bat pour l'énergie solaire. Depuis qu'il a ouvert son bureau d'ingénieurs il y a vingt-trois ans à La Sagne, dans les Montagnes neuchâteloises, Pierre Renaud (52 ans) a conservé toute sa fibre. Et le temps lui a donné raison, puisque les problématiques énergétiques se sont faites plus criantes. Conséquence directe: son entreprise surfe sur cette vague avec succès.

Il suffit de jeter un œil à la liste des projets menés par Planair. Entre la promotion des biocarburants et l'étude de l'utilisation de l'énergie solaire à haute température pour le compte de l'Office fédéral de l'énergie, la société neuchâteloise multiplie les mandats. Elle devrait très prochainement démarrer Holistic à Neuchâtel, son projet européen intégré dans le programme Concerto en collaboration avec la Ville, l'Etat, l'EPFL et d'autres institutions.

Atteindre une masse critique

«Le but est de réduire la consommation énergétique de 25% dans un quartier-village», détaille Pierre Bonhôte, chef de projet. Neuchâtel y participe avec les villes de Dundalk en Irlande et Mödling en Autriche. «Diverses mesures, comme l'assainissement du chauffage à distance, seront prises pour améliorer le bilan énergétique du quartier allant de la Maladière à la gare», poursuit le spécialiste.

Cette ébullition a permis à Planair de voir son chiffre d'affaires croître de 30% l'an dernier. «Notre but n'est pas de devenir plus riche, insiste Pierre Renaud, mais force est de constater qu'une certaine masse critique doit être atteinte pour que nous soyons crédibles au niveau européen. Par exemple si nous voulons décrocher la planification de grosses installations photovoltaïques.»

Cette progression est notamment le fruit de décisions stratégiques prises les années précédentes, comme la création d'un conseil d'administration externe, et des investissements consentis, par exemple dans les mesures d'émission pour les entreprises. Si le bureau compte aujourd'hui 20 collaborateurs, ce chiffre va continuer d'évoluer positivement. «Trois nouvelles personnes vont nous rejoindre d'ici à la fin de l'année», planifie le patron.

Succursale à Yverdon

Planair se sent bien dans ses murs à La Sagne, avec vue éperdue sur la verdure des champs. «Ce côté rural, compte tenu de notre positionnement, est plutôt perçu comme positif», glisse Pierre Renaud. Ce militant - convaincu qu'une partie substantielle de l'énergie sera fournie par des centrales solaires thermiques d'ici à trente ans - se montre très ouvert. «Dans notre domaine d'activité, des alliances sont toujours nécessaires. Peut-être qu'à l'avenir je considérerai une fusion ou un rachat par exemple.» En attendant, le prochain pas concret consiste à démarrer une succursale à Yverdon.