Alors que les exportations horlogères flambent, que les grands groupes investissent massivement dans de nouveaux écrins et enrôlent à tour de bras, les «petits» récoltent aussi les fruits de cette effervescence. Vaucher Outillage Horloger, appelé VOH, un sous-traitant basé à Courtelary, en constitue l'illustration parfaite.

Cette PME du Jura bernois vend, développe et fabrique des instruments et des appareillages destinés à l'industrie horlogère. «De Genève à Schaffhouse, nous nous adressons à toutes les manufactures», glisse Richard Vaucher, le patron. Avec par exemple un échappemètre maison, soit un dispositif breveté destiné à modifier la position des levées d'une ancre de l'échappement d'une montre mécanique avec une sensibilité de l'ordre du micron. Mais aussi de l'outillage standard, comme des tournevis, des brucelles, des pinces, etc. «Si un produit existe, nous le vendons en tant qu'agent officiel (ndlr: environ 40% de l'activité), sinon, nous le développons», précise le dirigeant.

Un positionnement exclusivement horloger et la recherche de valeur ajoutée ont permis à VOH de multiplier son chiffre d'affaires par dix en dix ans.

Usinage rapatrié

«Nous suivons clairement la croissance horlogère. Sur le premier semestre, c'était vraiment la surchauffe», estime Richard Vaucher. Pour faire face à cette croissance, VOH a déménagé il y a quelques mois de Saint-Imier à Courtelary. Elle a également rapatrié l'usinage en son sein, «pour mieux gérer les délais». Cette année, elle a déjà engagé six personnes, ce qui porte son effectif à plus de 25 collaborateurs.

Alors que le secteur rayonne, les sous-traitants comme VOH se font courtiser par certains mastodontes. «Mais il est exclu que nous ouvrions notre capital, claironne Richard Vaucher. Le fait d'être indépendant nous apporte aussi une certaine valeur, les clients le ressentent comme quelque chose de positif.» L'entreprise familiale doit néanmoins solidifier sa structure et renforcer son service après-vente.

Quant aux perspectives, elles s'annoncent excellentes. Seul l'outillage de base pâtit d'une concurrence de pays comme la Chine ou le Pakistan. «Nous revendiquons la qualité, mais il faut avouer que ces nouveaux concurrents proposent des produits ressemblants.» Et mettent en péril la notion du «swiss made», insuffisamment protégée selon Richard Vaucher. Ainsi, un produit fabriqué à La Neuveville est vendu 12 à 16 francs, contre moins d'un franc pour un objet «identique» (ndlr: l'illusion est totale sur le catalogue!) venu d'Inde.