Cela fait fort longtemps que les milieux patronaux se plaignent de l'augmentation des dépenses publiques. Si longtemps déjà, que le réflexe banal est de dire: «Encore ces récriminations d'economiesuisse.» Et pourtant, le fait est là: chaque pourcent d'augmentation de la part des dépenses publiques au produit intérieur brut se traduit par un «manque de croissance», que l'institut économique de Kiel estime à 0,125% sur la base d'analyses comparatives.

Inversément, les réductions de la quote-part de l'Etat dynamisent incontestablement la croissance, comme on peut notamment le vérifier en Irlande ou au Danemark. Il serait donc grand temps qu'on se demande au moins, sans préjugés idéologiques, si les «récriminations» des entrepreneurs ne vont pas dans le sens de l'intérêt général, à moyen terme.

Avec un taux de croissance ridiculement faible sur dix ans, en comparaison internationale, et une part de marché aux échanges mondiaux qui se réduit sans discontinuer depuis 1980, la Suisse se paye encore le luxe de croire qu'il existe des avantages à tout jamais acquis. Si elle persiste dans cette erreur, son déclin ira en s'accélérant.