Le Temps: Economiesuisse met en place la grosse artillerie pour défendre les accords bilatéraux avec l'Union européenne. Craignez-vous tellement que le peuple les remette en question en refusant l'extension de la libre circulation aux nouveaux membres?

Pascal Gentinetta: D'une enquête récente auprès de nos membres, il ressort que pour 80% des sondés, la libre circulation des personnes avec l'UE a influencé positivement l'évolution dans leur branche. Nous ne sommes pas membres de l'UE, mais elle est notre principal partenaire commercial. Et nous avons besoin de sa main-d'œuvre. Actuellement, nous profitons des avantages gagnés par les accords bilatéraux tout en restant indépendants. Si la Suisse refuse le renouvellement de la libre circulation des personnes et l'extension qui lui est liée, la «clause guillotine» mettra en péril tout l'édifice.

- Encore une fois, craignez-vous les effets d'une campagne anti-européenne de l'UDC?

- Je fais confiance au bon sens de la population qui a confirmé à plusieurs reprises la voie bilatérale. De notre côté, il s'agira de montrer clairement les atouts de cette voie bilatérale, et les risques que nous courons à la remettre en question. Aujourd'hui, il n'existe pas d'alternative.

- Suite à la crise traversée en 2006, economiesuisse a réduit ses dépenses de fonctionnement. De combien?

- Cette crise a eu un effet purificateur. Nous sommes plus à l'écoute des membres et nous nous concentrons sur les thèmes prioritaires. Le travail de fond reste. Economiesuisse est devenue à la fois plus proactive et plus svelte, ce qui lui a permis de gagner en crédibilité. Concrètement, les dépenses courantes ont été diminuées de 25%, à quelque 15 millions de francs; l'effectif a également été réduit et compte aujourd'hui un peu plus de 50 personnes.

- Les cotisations, elles, demeurent inchangées, ce qui augmente les fonds disponibles pour les campagnes politiques. De combien disposez-vous?

- Ah ça...

- Vous ne le communiquez pas?

- Non.