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Les éditeurs résilient la convention collective

Les barêmes salariaux sont visés

Les éditeurs romands résilient la convention collective de travail (CCT) des journalistes. Mercredi, Médias Suisses, leur organisation faîtière, annonçait la nouvelle par voie de communiqué. La CCT actuelle demeurera en vigueur jusqu’au 31 décembre 2013.

Médias Suisses argue du «nouveau recul conséquent des recettes publicitaires» pour expliquer sa décision. «Des éditeurs, surtout régionaux, paient déjà une grande partie de leurs journalistes en fonction des minima. La revalorisation de 2,5% de ces minima, intervenue au 1er mars 2012, les a mis dans une situation difficile, en raison de la crise structurelle et conjoncturelle que nous affrontons. Et si les barèmes salariaux sont identiques pour toute la Suisse romande, le pouvoir d’achat ne l’est pas», explique Valérie Boagno, présidente de Médias Suisses et directrice du Temps.

La CCT actuelle comprend quatre minima (le premier à 5843 francs), en fonction du nombre d’années d’inscription au registre professionnel. Impressum, le syndicat des journalistes, avait demandé une revalorisation de 6% de ces minima. Médias Suisses ayant refusé, c’est un tribunal arbitral qui a fixé la hausse à 2,5%. «Nous demandons que les éditeurs aient davantage de liberté pour fixer les salaires, en fonction du mérite, et pas de manière automatique selon l’ancienneté», poursuit Valérie Boagno.

Côté alémanique, il n’existe plus de CCT depuis huit ans. En Suisse romande, la décision imitative vient-elle de Tamedia? «Non, et il y a une quasi-unanimité du côté des éditeurs pour résilier la CCT», dit Valérie Boagno.

«Résiliation inacceptable»

Impressum a immédiatement réagi: «Il est inacceptable que les éditeurs résilient la CCT dans ces conditions pour fin 2013, sans même avoir cherché le dialogue au préalable», affirme Dominique Diserens, secrétaire centrale. Et de poursuivre: «Nous agirons avec détermination pour que la CCT, un texte fondamental qui concerne près de 1800 personnes, existe toujours».

Une rencontre entre Médias Suisses et Impressum doit avoir lieu en janvier.

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