L’an dernier, le résultat semestriel d’EFG International s’était ­traduit par un bond de 26% de l’action en bourse. L’accueil du bénéfice au premier semestre 2013 est nettement plus réservé puisque l’action plongeait de 4% dans la matinée. Pourtant, le bénéfice net de 83,8 millions de francs a légèrement dépassé les attentes. Il est vrai que l’action avait progressé de plus de 40% depuis le début de l’année. Il s’agit donc avant tout de prises de bénéfices. Mais la banque, qui vaut actuellement 2 milliards de francs en bourse, n’a pas tout à fait répondu aux attentes des analystes. Les actifs gérés, à 76 milliards de francs, sont par exemple inférieurs aux prévisions.

Les résultats soulignent une amélioration «significative», a déclaré à la presse, à Zurich, John Williamson, président de la direction. Le bénéfice net s’est accru de 71%, à 83,8 millions de francs. ­L’interprétation est compliquée par divers éléments extraordinaires. On mentionnera d’abord le gain de 34,2 millions de francs sur la vente de la participation restante de 20,25% dans Leonteq, finalisée en avril, ainsi que 2,6 millions de contribution au résultat avant fermeture. On ajoutera 3,7 millions de coûts sur la fermeture des activités en France et en Suède.

Le groupe a également dû intégrer une provision de 9,6 millions de francs liée à l’accord Rubik avec le Royaume-Uni. Selon un analyste d’Helvea, cette charge montre que la banque «n’est pas immunisée contre les risques liés à l’argent du passé, même si son exposition est probablement considérablement plus faible que d’autres banques». UBS avait provisionné 100 millions de francs pour cette raison.

Après exclusion des éléments uniques, le bénéfice net sous-jacent attribuable aux actionnaires s’est élevé à 60,3 millions de francs, en baisse de 6% par rapport à l’année précédente.

Le bénéfice d’exploitation a été freiné, selon la direction, par une réduction de 9 points de base de la marge provenant de la baisse des revenus de gestion ainsi que celle des opérations de structuration de transactions en faveur de grands clients. Sans cet élément, les revenus de la «pure gestion de fortune» des activités poursuivies seraient en hausse de 10% par rapport au premier semestre 2012.

L’un des problèmes du groupe, un ratio de coûts/revenus trop élevé, est en phase de résolution. Il atteint 78,3% (78,9%) et devrait tomber en dessous de 75% en 2014, selon la direction. Les charges d’exploitation ont d’ailleurs baissé de 8% en un an.

L’afflux d’argent frais, qui atteint 1,9 milliard de francs (+5%), est certes inférieur aux attentes, mais il est pénalisé par la sortie d’une position à faible rendement sur titre individuel (0,6 milliard). La croissance sous-jacente est donc de 7% et elle s’inscrit au centre des objectifs à moyen terme (5 à 10%). La croissance est de 14% en Europe continentale, de 7% en Asie, de 8% au Royaume-Uni et, après une longue phase de décroissance, de 4% en Suisse. La société gère 18,8 milliards de francs en Suisse.

Les fonds propres se sont nettement renforcés. Ils ont même triplé en 18 mois, à 13,5% sur la base du capital propre de base.

Ces progrès devraient se traduire par un relèvement de dividende. Celui-ci est longtemps resté à 10 centimes. Après un taux de distribution du bénéfice de 15% en 2012, on pourrait le hisser entre 25 et 30% au titre de l’exercice 2013, selon le directeur financier.

Le groupe a également dû intégrer une provision de 9,6 millions de francs liée à l’accord Rubik