«Nous avions observé que durant les mois précédant une élection présidentielle américaine, l’indice VIX, qui mesure la volatilité implicite du S&P 500 américain, augmente en moyenne de 100 points de base. Seule exception: l’élection de 2008, qui avait été marquée par une progression plus forte à cause de la crise financière, explique Vinay Pande, responsable des opportunités d’investissements à court terme chez UBS Wealth Management. Or, début octobre le VIX était plus bas que lors de n’importe quelle année présidentielle précédente, et les marchés prévoyaient qu’il augmenterait considérablement d’ici au début 2017. Ce qui était remarquable était le niveau d’incertitude assez bas durant la période électorale, mois de novembre 2016 inclus, alors que l’incertitude sur le printemps 2017 était déjà très élevée à ce moment-là.»

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En conséquence, «nous avons joué une progression du VIX à court terme et une moindre hausse d’ici à janvier prochain; la transaction a été bouclée en fin de semaine passée, après que les marchés se furent comportés comme nous l’avions espéré», conclu l’ancien du hedge fund Brevan Howard, recruté par UBS en février pour proposer des idées d’investissements aux clients fortunés avec un horizon temporel allant jusqu’à six mois.

Vendre la volatilité

La volatilité préélectorale a également inspiré Indosuez, qui a analysé les mouvements des actifs financiers lors des quinze dernières élections américaines. «Historiquement, la volatilité augmente sur l’ensemble des actifs durant les 15 jours précédant l’élection, puis elle descend très fortement au cours des quatre jours qui suivent le résultat, détaille Laurent Fradin, qui dirige la gestion discrétionnaire dans la filiale suisse de Crédit Agricole. Nous avons donc vendu la volatilité la semaine dernière.»

Toujours en prévision du jour J, Bordier a arrêté de surpondérer le dollar. «Une élection de Donald Trump serait négative pour le dollar à cause du protectionnisme renforcé que veut mettre en place l’homme d’affaires et des incertitudes sur l’avenir de la politique économique, monétaire et internationale du pays», résume l’économiste de marché Gianluca Tarolli. Dans la gestion conseillée, la banque genevoise propose à ses clients qui croient à une victoire de Hillary Clinton de jouer la hausse du peso mexicain, qui évolue en sens inverse des chances de Trump d’être élu.

Renforcer les actions

En fin de semaine dernière, la BCV a acheté des actions dans des portefeuilles en comportant une part inférieure à leur indice de référence, sans adopter un risque supérieur à ce dernier. Passablement d’incertitudes sont déjà intégrées dans les cours, la volatilité est récemment remontée et les cours ont reculé à l’approche de l’élection de mardi, justifie Fernando Martins da Silva, le directeur de la politique d’investissement.