Elisabeth Badinter n’aime pas parler de l’actualité immédiate. Mais au fil de notre discussion, occasionnée par le 60e anniversaire ce mercredi 11 décembre de la Fondation pour la vocation, son regard aiguisé sur la société française d’aujourd’hui perce immédiatement. La philosophe, qui a beaucoup écrit sur la question des femmes, est à l’évidence inquiète. Trop de violence. Trop de détestation étalée sur les réseaux sociaux. Trop de colère suscitée par trop d’inégalités. Etait-ce tellement mieux avant? Elle répond au Temps.

Le Temps: La Fondation pour la vocation que vous présidez aura 60 ans ce mercredi 11 décembre. Votre père, le fondateur de Publicis Marcel Bleustein-Blanchet, l’avait créée dans le but de faire quelque chose pour les jeunes. Son message a-t-il encore un sens aujourd’hui, alors que la colère gronde partout, notamment dans les rangs de la jeunesse?