L’interview de la semaine

Elmar Mock: «Chez Creaholic, nous mettons les mains dans le cambouis»

La société Creaholic à Bienne a développé plus de 750 projets en trente ans, générant plus de 180 familles de brevets

«Nous mettons les mains dans le cambouis»

Le Temps: Qui sont les clients de Creaholic?

Elmar Mock: Il s’agit à 60% de multinationales, à l’exemple d’Air Liquide, BMW, Bosch, Nestlé, Swisscom ou Tetra Pak. On travaille aussi avec des PME. La plupart d’entre elles sont basées en Europe. Nous sommes actifs dans différents secteurs, aussi bien l’automobile, la mécanique, le médical, les sciences de la vie, l’horlogerie ou le secteur alimentaire. Si, par exemple, nous développons une innovation pour Tetra Pak, la multinationale en aura l’exclusivité pour ses domaines d’application. Par contre, la technologie pourra éventuellement être utilisée par d’autres clients dans d’autres secteurs.

– Pouvez-vous citer quelques exemples parmi les succès de Creaholic?

– Nous avons développé plus de 750 projets ces trente dernières années et avons généré plus de 180 familles de brevets. Nous avons réalisé de nombreux projets, à l’exemple de nouvelles aides auditives, de colliers intelligents pour animaux domestiques, de systèmes de mesures pour les personnes épileptiques, d’un kit électromécanique qui transforme la Fiat 500 en voiture hybride, d’un appareil permettant de mesurer le niveau d’oxygène restant dans une bouteille de plongée ou d’une fixation pour snowboard qui s’adapte à de multiples tailles de chaussures.

– Vendez-vous parfois vos propres produits?

– Nous ne vendons aucun produit directement et ne sommes liés à aucune marque. Le nom de notre société ne figurera qu’exceptionnellement sur les produits que nous développons, et nous sommes tenus à la confidentialité pour la plupart d’entre eux.

Le créateur industriel travaille dans une société matriarcale. En gros, nous sommes les géniteurs mais ce sont les mères, à savoir nos clients, qui transmettent leur nom. Et les bébés appartiennent à leur maman. Quel que soit le nom porté par l’enfant, il faut des naissances. L’avenir industriel de la Suisse ne sera garanti que si le taux de naissances est suffisamment élevé.

– Comment est composée l’équipe de Creaholic?

– L’équipe est composée de trente personnes, dont certaines à temps partiel, avec des compétences dans tous les domaines.

Je collabore depuis plus de vingt ans avec André Klopfenstein et Marcel Aeschlimann, tous deux codirecteurs de Creaholic. Il faut préciser que nous ne sommes pas dans la recherche fondamentale mais savons mettre les mains dans le cambouis et être très polyvalents. C’est ce qui fait notre force, tout comme la grande diversité de notre équipe pluridisciplinaire.

– Quel chiffre d’affaires réalisez-vous?

– Nous générons environ 5 à 6 millions de francs par année.

– Creaholic a également initié plusieurs start-up. Qui sont-elles?

– Nous avons effectivement développé quelques-unes de nos propres idées. Il y a par exemple Smixin, une start-up qui a développé un système de nettoyage des mains économisant 90% d’eau. Smixin commence à industrialiser et vendre son produit. Il y a également Woodwelding, une start-up spécialisée dans le soudage du bois et des os par ultrasons, Miniswys, qui développe des actuateurs miniatures basés sur des technologies piézoélectriques, ou Joulia, qui fabrique des douches avec récupérateurs de chaleur.

– Vous aimez faire référence à la famille, aux enfants… En avez-vous?

– Oui, six, issus de fusions et acquisitions (rires). J’ai trois enfants d’un premier mariage, dont un enfant adopté. Ma femme en avait aussi trois d’une précédente union. Et oui, je dois le dire, j’aime beaucoup les métaphores. C’est souvent le cas chez les personnes fortement dyslexiques.

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