L’offre de rachat se transforme en bras de fer. Elon Musk affirme dans un document boursier publié lundi que Twitter «résiste activement» à ses demandes d'informations sur les spams et les faux comptes, ce qu'il considère comme une violation manifeste des obligations du réseau social dans le cadre de son offre de rachat.

«Elon Musk se réserve tous les droits en résultant, y compris son droit de ne pas consommer la transaction et son droit de résilier l'accord de fusion», est-il écrit dans une lettre adressée au responsable juridique de Twitter diffusée sur le site de l’autorité américaine des marchés financiers (SEC).

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Après avoir déposé en avril une offre de rachat du réseau social pour 44 milliards de dollars, le multi-milliardaire patron de Tesla a à plusieurs reprises mis en doute les données transmises par Twitter sur les spams et les faux comptes et les mesures prises pour en limiter la prolifération. Mais c'est la première fois qu'il le fait dans un document officiel.

Selon Twitter, ces derniers représentent moins de 5% des comptes enregistrés. Mais Elon Musk affirme que la méthodologie employée par la plateforme n'est pas «adéquate» et qu'il doit mener sa «propre analyse».

Longue explication et emoji crotte

«La dernière offre de Twitter de simplement fournir des détails supplémentaires relatifs à ses méthodologies de tests, que ce soit par le biais de documents écrits ou d'explications verbales, équivaut à refuser les demandes de données avancées par Elon Musk», est-il écrit dans la lettre. Or, est-il aussi affirmé, l'entrepreneur a besoin de plus d'informations pour préparer la transition et finaliser le financement de l'opération.

Allant dans le sens d'Elon Musk, le procureur général du Texas a annoncé, dans un communiqué, avoir lancé une enquête pour déterminer si les faux comptes de Twitter représentaient bien 5% des abonnés, comme l'affirme le réseau social, ou plutôt jusqu'à 20% et plus, comme l'a avancé l'entrepreneur. Ce qui reviendrait alors à «tromper» les consommateurs et entreprises du Texas. Les services de Ken Paxton ont demandé à Twitter de transmettre d'ici le 27 juin des documents expliquant comme la plateforme calcule et gère les données sur ses utilisateurs.

La plateforme a réagi en affirmant dans un message à l'AFP qu'elle partageait des informations avec Elon Musk conformément à l'accord passé et qu'elle avait bien l'intention de mener la transaction à son terme, au prix convenu.

Le patron du réseau social Parag Agrawal s'était déjà fendu, mi-mai, d'une longue explication sur les mesures prises pour lutter contre les faux comptes. Parag Agrawal avait notamment indiqué que les chiffres de Twitter, selon lesquels moins de 5% des comptes de la plateforme sont des faux, étaient «basés sur de multiples reproductions d'analyses humaines de comptes, qui sont sélectionnés de manière aléatoire».

Le fantasque entrepreneur avait répondu à ces explications par un émoji en forme de crotte. «Comment les annonceurs peuvent-ils savoir ce qu'ils paient vraiment?», avait-il également tweeté. «C'est une question fondamentale pour la santé financière de Twitter.»

Une rupture qui pourrait coûter cher

L'entrepreneur cherche des moyens de pression «afin de faire baisser le prix de l'offre ou complètement se retirer s'il le décide», avance Angelo Zino de la société CFRA.

Les deux parties se sont engagées à verser une indemnité de rupture pouvant aller jusqu'à un milliard de dollars dans certaines circonstances.

Ce nouvel épisode dans la saga du rachat de Twitter intervient après l'expiration, vendredi, du délai accordé aux autorités américaines de la concurrence pour lancer un examen approfondi de l'opération. Elles ne se sont pas saisies du dossier, laissant ainsi le champ libre à la poursuite de la finalisation de la transaction.