Technologie

Elon Musk s’exprime sur sa vie de malade

Le directeur de Tesla a donné une rare interview au «New York Times», dans laquelle il parle de son idée de retirer sa société de la bourse, mais aussi de son rythme de vie insensé

On savait l’homme obnubilé par son travail, débordant d’idées et peu ouvert aux critiques. On découvre surtout un homme épuisé à la lecture de l’article, paru dans la nuit de jeudi à vendredi, que lui a consacré le New York Times. Elon Musk a accordé une rare interview d’une heure au quotidien américain, qui a dépêché pas moins de quatre de ses journalistes pour rencontrer l’homme qui secoue Wall Street depuis le 7 août avec ce tweet annonçant son intention de retirer Tesla de la bourse.

Pour Elon Musk, cette année est «atroce», c’est la plus «douloureuse et difficile de ma carrière». L’entrepreneur de 47 ans, qui durant une heure est parfois étranglé par l’émotion, selon le New York Times, apparaît vulnérable. Ces derniers temps, Elon Musk a travaillé 120 heures par semaine. Il n’a plus pris une semaine de vacances depuis 2001, lorsque la malaria l’avait cloué au lit sept jours durant. «Il y a eu des périodes pendant lesquelles je ne quittais pas l’usine durant trois ou quatre jours. Je ne sortais pas. Mes enfants en ont souffert. Je ne voyais pas mes amis.»

A l’usine non-stop

Des amis qui s’inquiètent pour sa santé, affirme Elon Musk. Le jour de son 47e anniversaire, le 28 juin, il a passé vingt-quatre heures d’affilée au travail. «Toute la nuit, pas d’amis, rien», s’étrangle-t-il. Deux jours plus tard, il doit être le témoin de mariage de son frère Kimbal, en Catalogne. Elon Musk a pris son jet privé directement depuis son usine située au Nevada pour arriver sur place deux heures seulement avant la cérémonie. Immédiatement après, il reprend son jet pour retourner au siège de Tesla, à Fremont (Californie). Son obsession: augmenter la cadence de production de son dernier véhicule, le Model 3.

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L’homme est atteint. «Je pensais que le pire était derrière moi. D’un point de vue opérationnel, pour Tesla, c’est le cas. Mais d’un point de vue personnel, le pire est à venir», affirme-t-il. Pour l’aider à dormir, il prend parfois de l’Ambien, un somnifère puissant. «C’est souvent un choix: ne pas dormir ou prendre de l’Ambien», admet-il.

Pas de cannabis

De quoi susciter l’inquiétude de membres du conseil d’administration de Tesla, qui constatent que le médicament, plutôt que de l’endormir, l’incite à tweeter tard le soir. Des administrateurs s’inquiètent aussi d’autres médicaments ou drogues que prendrait Elon Musk. Celui-ci affirme qu’il n’avait pas consommé de cannabis lorsqu’il a tweeté son intention de retirer Tesla de la bourse. «Je n’étais pas sous l’influence du cannabis, pour être clair. Le cannabis n’aide pas à être productif.»

Ce tweet, il l’a écrit dans sa voiture (une Tesla Model S) entre son domicile de Los Angeles et l’aéroport de la ville, pour rejoindre l’usine située dans le Nevada. Personne n’avait relu ce tweet avant qu’il soit publié, reconnaît Elon Musk, qui affirme ne pas le regretter. Aujourd’hui, le gendarme boursier enquête sur ce message, et plusieurs actions en justice ont été lancées par des actionnaires. Elon Musk l’affirme à la fin de l’article: il veut rester à la tête de Tesla. «Mais si vous avez quelqu’un qui pourrait faire le job mieux que moi, dites-moi», lâche-t-il.

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