Transport aérien

 Embellie à l’aéroport de Lugano

Une série d’événements positifs permet à l’aéroport, enlisé dans les casse-têtes, d’entrevoir la lumière au bout du tunnel

Bonne nouvelle pour l’aéroport de Lugano (LASA). Des privés ont manifesté la volonté d’investir de 20 à 30 millions de francs pour le relancer. Une initiative bienvenue pour cette plateforme aéroportuaire submergée par les problèmes: dettes importantes, absence de vols Genève-Lugano depuis la faillite de Darwin Airline en décembre, annulations de vols, chute du nombre de passagers… Le projet, baptisé Agno-Lugano Airport 2020, n’est pas nouveau; il a été adapté à la réalité actuelle de LASA.

Celui-ci prévoit notamment un nouveau terminal, un stationnement sous-terrain de 150 places, des hangars pour la manutention, une nouvelle tour de contrôle et un hôtel. A l’origine de cette initiative «révolutionnaire»: l’entrepreneur immobilier Silvio Tarchini et l’ingénieur Dario Kessel. Les plans du projet ont été élaborés par ce dernier et l’architecte Axel Middeke. Fils de l’un des fondateurs de l’aéroport, pilote et président de l’association E-Aviation qui s’occupe de l’aviation privée à Lugano, Dario Kessel, 72 ans, ne cache pas son attachement à LASA et sa volonté de le sauver.

«Il ne s’agit pas de faire un cadeau»

«Il ne s’agit pas de faire un cadeau de 20-30 millions de francs, mais bien de mettre des structures à disposition, à certaines conditions, intéressantes pour tous les partis. Le problème n’est pas l’argent en soi, mais sa bonne gestion», affirme-t-il, soulignant que pour les promoteurs de l’initiative, le vol Lugano-Genève, qui transporte entre 30 000 et 40 000 passagers par année, est «une priorité absolue».

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Simultanément, après des mois de discussion, le Conseil communal de Lugano pourrait enfin donner le feu vert à un crédit de 6 millions de francs pour construire des hangars dans l’enceinte de l’aéroport. L’issue du vote, lundi soir, demeurait inconnue au moment d’aller sous presse. LASA pourrait tirer profit des revenus générés rapidement par la location de ces éventuels hangars, «très demandés», selon Marco Borradori, maire de la commune de Lugano, actionnaire majoritaire de l’aéroport.

«Montrer une volonté politique»

A LASA, son directeur, Maurizio Merlo, souhaitait de tout cœur l’approbation des crédits pour les hangars. «Ceux-ci sont aussi importants pour les avions qu’un garage pour la voiture. Ce vote serait très positif et montrerait la volonté politique d’investir dans LASA.» Quant au projet Lugano Airport 2020, il se dit très heureux que des privés croient en l’aéroport. «Cela souligne son importance.» L’initiative est-elle réaliste? «Absolument. Le délai prévu pour sa concrétisation – deux ans – est peut-être un peu optimiste, mais le projet comme tel est tout à fait réalisable.»

Enfin, le «flight sharing», proposé il y a une semaine à LASA par divers partenaires, représentera une plus-value de taille, selon Maurizio Merlo. «Il s’agit d’un nouveau modèle d’affaires, basé sur le celui du «car sharing», qui consiste, grâce à une application numérique, à partager les vols privés, de façon à réduire les coûts pour les passagers. Le directeur se dit confiant en l’avenir: «Les choses bougent dans la bonne direction, j’ai bon espoir que d’ici à quelques mois, nous nous serons remis en piste.»

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Parallèlement, les six Saab de feu Darwin Airline viennent d’être vendus pour 16,5 millions de francs à Jetstream, une société de location de Miami. La compagnie bernoise Skywork, qui envisage toujours, éventuellement, reprendre la route Genève-Lugano, a fait recours contre la vente.

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