Heureux, Georges W. Bush. «200 000 emplois de plus en juillet. Et quatre millions de postes de travail créés depuis mai 2003», a rappelé samedi à la radio le président américain. Son bilan économique commence à faire des envieux. Le krach boursier débuté en 2000 et la récession qui a suivi, avec son cortège de scandales comptables (Enron, WorldCom, etc.) semblent n'être que de lointains souvenirs.

Le taux de chômage est stabilisé à 5% et le produit intérieur brut (PIB) américain a progressé de 3,4% au 2e trimestre. Les recettes appliquées par l'administration Bush fonctionnent. Dernier «coup» en date, la possibilité donnée aux entreprises de rapatrier en 2005 leurs profits à un taux d'imposition très bas (5,25% contre 35% en temps normal). Une initiative destinée à doper les rentrées fiscales. Et cela marche. Ces rabais d'impôts ont contribué à réduire le déficit du budget, estimé à 333 milliards de dollars cette année, après avoir culminé à 412 milliards en 2004.

Ces dernières années, les réductions d'impôts offertes aux consommateurs ont également eu un impact positif. Tout comme la politique monétaire très accommodante menée par la Réserve fédérale américaine (Fed) jusqu'au printemps 2004. L'institut se retrouve à nouveau sous les feux de la rampe. Mardi, il devrait relever de 0,25% à 3,5% son taux directeur. Une dixième hausse successive destinée à limiter les risques inflationnistes et la surchauffe économique. Un relèvement qui ne serait pas le dernier. «Les taux de la Fed vont grimper jusqu'à 4,25 ou 4,5% d'ici à début 2005», estime un gérant genevois de portefeuille.

Les chiffres publiés aux Etats-Unis annoncent une croissance soutenue. «La plupart des indicateurs sont passés au vert, souligne le financier. Les salaires horaires progressent, l'effritement de l'emploi industriel ralentit et la consommation des ménages reste soutenue.» Les résultats des sociétés américaines au 2e trimestre dépassent les attentes. «Les analystes tablaient sur des profits en hausse de 7%, mais on se dirige plutôt vers 9%», relève le gérant. Sur l'ensemble de l'année, les bénéfices devraient croître de 11%, alors que la moyenne historique se situe à 7%.»

Partie serrée pour la Fed

La morosité et les craintes d'un fort ralentissement qui prévalaient en début d'année ont disparu. C'est plutôt le risque inflationniste qui inquiète. «La Fed va être préoccupée par la forte hausse des salaires», relève à l'AFP Stu Hoffman, chef économiste chez PNC Financial. Alan Greenspan avait cité la hausse du coût du travail comme l'une des principales inconnues pesant sur l'économie outre-Atlantique. Les salaires horaires ont progressé de 6 cents en juillet, soit le double des attentes. A cela s'ajoutent les risques d'une nouvelle poussée du prix du pétrole ou du recul du dollar, qui renchérit les importations.

La Fed joue là une partie serrée. Si l'institut n'arrivait pas à prévenir les risques d'inflation, les taux à long terme prendraient l'ascenseur. La quasi-bulle immobilière aux Etats-Unis risquerait alors d'exploser. Et le consommateur américain, principal pilier de la croissance, serait contraint de se serrer la ceinture. L'un des cauchemars du président Bush.