Banques

Chaque employé de banque génère 143 000 francs de bénéfice par année

C’est le calcul d’une étude portant sur 52 banques de détail actives en Suisse. Le coût moyen d’un collaborateur s’élève pour sa part à 146 000 francs par année

Les banques suisses de détail ont dégagé en moyenne 143 000 francs de bénéfice opérationnel par collaborateur l’an dernier, un chiffre en progression de 4000 francs sur un an. C’est l’une des conclusions d’une étude sectorielle dévoilée vendredi, alors que la Banque Migros et la Banque cantonale de Neuchâtel faisaient état de résultats contrastés.

Chaque employé d’une banque de détail suisse a généré un bénéfice opérationnel de 143 000 francs l’an dernier. Cette moyenne, qui mesure l’efficacité d’un établissement, a progressé de 4000 francs par rapport à 2014, révèle une étude de la société de conseil zurichoise IFBC portant sur 52 banques de détail.

L’étude d’IFBC met en avant une meilleure efficacité opérationnelle des banques de détail, mais l’évolution dans le temps est impossible à évaluer suite à un changement de méthodologie. Les éditions précédentes de ce rapport se basaient sur le bénéfice brut par collaborateur, qui atteignait 180 000 francs en 2014, en léger recul par rapport aux 184 000 francs de 2013, un chiffre lui-même similaire à celui de 2012.

Ratio charges/produits moyen de 63,7%

Pour sa part, le ratio charges/produits des 52 banques de détail étudiées est resté pratiquement stable l’an dernier, à 63,7%. Il s’agit de son plus haut niveau depuis la première édition de cette étude, en 2009. Il s’affichait à 63,1% l’an dernier et 60,5% en 2013. Les plus grands établissements affichent en moyenne un ratio charges/produits inférieur de 10 points de pourcentage à celui des plus petits, précise IFBC.

Le contexte des taux d’intérêt bas a provoqué un recul des marges d’intérêt, de 12 points de base, l’an dernier. La croissance des prêts et des dépôts de la clientèle compense ce recul, mais elle ralentit, observent encore les auteurs de cette recherche.

Côté charges, le coût moyen d’un collaborateur a progressé de 4000 francs, à 146 000 francs. Les frais généraux et administratifs par collaborateur sont en revanche stables depuis 2009.

Deux banques de détail ont publié leurs résultats vendredi. La Banque Migros a ainsi annoncé un recul de 5,8% de son bénéfice après impôt au premier semestre, à 109 millions de francs. Le résultat des opérations de négoce a reculé de 20,1% à 17,5 millions de francs, par rapport au premier semestre 2015, marqué par un grand nombre de transactions en monnaie étrangère suite à l’abandon du taux plancher de l’euro.

La Banque cantonale de Neuchâtel a, pour sa part, dévoilé un bénéfice net semestriel de 2,2 millions de francs, stable sur un an malgré la constitution de provisions liées à la dégradation de la conjoncture économique.

Bénéfice global de 15,8 milliards l’an dernier

L’étude d’IFBC ne fournit pas d’indications plus précises sur la rentabilité des banques de détail en Suisse. Globalement, les 266 établissements bancaires actifs dans le pays ont dégagé l’an dernier un bénéfice de 15,8 milliards de francs, révélait fin juillet la Banque nationale (BNS). Ce chiffre a plus que doublé sur un an, sous l’effet de produits extraordinaires de 10,7 milliards de francs enregistrés par les grandes banques, avait précisé la BNS.

L’an dernier, 228 établissements ont dégagé un bénéfice cumulé de 19,6 milliards de francs, et 38 d’entre eux ont collectivement perdu 3,8 milliards de francs. Quelque 85% des banques suisses ont donc été bénéficiaires l’an dernier, tandis que le nombre total d’établissements reculait à 266, contre 275 en 2014 (et 400 en 1996). Le nombre de collaborateurs bancaires a baissé de 1,1% l’an dernier, à 123 889 équivalents temps plein, en Suisse.

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