En Suisse également les syndicats ont quelques soucis avec Nestlé. «Contrairement à d'autres entreprises de la branche, Nestlé refuse de négocier une convention collective valable pour l'ensemble des sites de production d'un pays. Ainsi, en Suisse, on doit négocier avec cinq directions différentes, de Konolfingen, à Orbe, en passant par Bâle ou Rorschach... pour arriver finalement aux mêmes conditions pour tous», constate Natalie Imboden, responsable de branche du syndicat Unia.

La structure complexe de la multinationale veveysanne, parfois décentralisée, parfois centralisée, pose également problème au syndicat Unia. «A ce jour, malgré la présence d'une usine à Orbe et d'un siège administratif en Suisse romande, les travailleurs de Nespresso se retrouvent sans convention collective», explique la syndicaliste. La filiale suisse de Nestlé se déclare incompétente car la gestion de Nespresso, avec siège mondial en Suisse, lui échappe. Le même problème pourrait se poser pour Henniez, rachetée par Nestlé dont le siège mondial des eaux minérales se situe en France. «Chaque responsable, à un moment de la négociation, rejette la responsabilité de la décision sur une autre entité administrative, locale, nationale ou internationale. Nos collègues syndicalistes russes se trouvent confrontés au même problème», déplore Natalie Imboden. Nestlé n'a pu être joint à temps pour réagir.