Les perspectives d’être là pour récupérer sa mise à l’échéance sont minces. Et pourtant, les obligations à 100 ans émises par l’Autriche il y a une dizaine de jours ont fait un tabac. Les investisseurs ont proposé 16 milliards d’euros (environ 17,1 milliards de francs), alors que le pays n’en cherchait que 2 milliards. Et ce n’est pas tellement la perspective d’un paiement annuel exceptionnel qui les a attirés: à échéance 2120, ces obligations offrent un coupon de 0,85%. Elles ont été émises avec un rendement historiquement bas pour ce genre de titre à 0,88%.

En avril dernier, la même démarche poursuivie par Israël a été tout autant couronnée de succès. Plus tôt, le Mexique, les Philippines, l’Irlande, la Belgique et déjà l’Autriche avaient émis ces emprunts aussi appelés «ultra-longs». Les Etats-Unis l’ont envisagé, mais ne sont jamais passés à l’acte. Et pourtant, même l’Argentine, coutumière des défauts de paiement, a réussi à appâter les investisseurs pour qu’ils souscrivent à un emprunt d’un siècle. «Les marchés ont la mémoire courte», rappellent de nombreux analystes pour expliquer ce succès.