Jean-Paul Gauzès (PPE, centre droit) est rapporteur du projet de directive sur les hedge funds.

Le Temps: Jugé protectionniste, ce texte fermera-t-il l’Europe à la gestion alternative suisse?

Jean-Paul Gauzès: A Genève, des représentants des milieux financiers qui m’ont fait part de telles craintes. Mais au Luxembourg on me dit que cette directive ouvrirait un boulevard pour la Suisse… L’objectif n’est pas de faire de l’Europe une forteresse. Mais d’obtenir une réglementation efficace, pragmatique. Et d’inciter les pays extérieurs à adopter des normes similaires.

– La réglementation suisse permettra-t-elle de ne pas faire de ses fonds alternatifs des parias?

– C’est tout le problème de l’équivalence des textes et de son appréciation. En la matière, la vision de la Commission européenne me semble optimiste. Mais le débat avec la Suisse sur ce point n’a pas encore eu lieu.

– Quid des sociétés au service des «hedge funds», comme leurs dépositaires. Devront-elles être uniquement européennes?

– On essaie de faire appel au bon sens. Rien ne s’oppose à ce que le dépositaire d’un fonds soit situé hors de l’Union. Mais il faut qu’il soit soumis à des règles jugées équivalentes. Si ce n’est le cas, la responsabilité des actifs du fonds devra être transférée à une entité européenne.

– Le texte peut-il encore évoluer?

– Ce ne sont que des pistes et le texte initial de la Commission a déjà été profondément remanié. D’autres dispositions peuvent bouger, j’espère à la marge. Je m’opposerai fermement à toute dérogation au champ d’application de cette directive et à l’affaiblissement de la réglementation.