Actuellement, Goldman Sachs estime que les marchés de l'énergie sont en «contango», à savoir qu'ils vont vers un cycle baissier dû à une faible demande, alors que les marchés des métaux sont en «backwardation», à savoir qu'ils vont vers un cycle haussier basé sur une forte demande.

Soit. Que veulent dire ces termes?

Un investisseur tenté par un contrat à terme (future) sur une matière première donnée doit d'abord comprendre ce qu'est un «contango», ou «report» car il peut leur coûter cher. Cette surcote signifie que le prix du contrat que détient l'investisseur est inférieur au prix du même contrat à plus longue échéance. Cela signifie que le coût du roulement (roll-over), ou passage de l'investisseur d'un contrat échu à l'échéance suivante sera chaque fois plus élevé: il recevra, lorsqu'il vendra son contrat, un prix inférieur au prix qu'il paiera pour l'échéance suivante. Et, comme il réutilise en général les recettes de la vente du dernier future pour acheter le suivant, il se trouvera, avec chaque roll-over, avec moins d'argent pour acquérir un contrat future sur la matière première en question. Dans ce cas, le roll-over est donc un coût pour l'investisseur, soit un rendement négatif (negative roll yield).

A quoi est dû le contango? Lorsque les stocks sur une matière première sont élevés et que le marché juge qu'il y a un surplus d'offre, les prix à terme montent autant que nécessaire au-dessus des prix au comptant (spot) pour couvrir les coûts de détention et de stockage accrus. C'est pourquoi l'investisseur paiera plus cher pour acquérir les maturités plus longues, car il paie en réalité les frais de stockage du fournisseur qui augmentent avec les délais plus longs. Le contango perdurera jusqu'à ce que les capacités excédentaires soient résorbées. Une telle situation de surcote affecte aujourd'hui toutes les matières premières qui baissent: il en va ainsi, en observant les contrats traités sur le New York Mercantile Exchange, des futures sur le pétrole brut et le gaz naturel, mais aussi de l'or, l'argent et le palladium. Les pertes sur les futures en «contango» pourraient s'élever à 25% cette année, contre 22% en 2005, estiment les analystes. En revanche, la plupart des métaux de base - aluminium, cuivre, zinc, nickel, étain, plomb - sont en situation inverse, dite de «backwardation», ou de «déport», ce qui signale des marchés tendus et un manque de stocks physiques. Pour l'investisseur, cela veut dire qu'il gagne un rendement sur le roll-over de ses contrats à terme, et peut réinvestir dans les contrats suivants. Il profitera ainsi du bull market en cours.