Il y a six ans, le dégonflement de la bulle Internet avait aussi emporté le jeune secteur des énergies renouvelables. Six ans plus tard, elles trahissent à nouveau des signes de frénésie: L'indice DAXglobal Alternative Energy s'est apprécié de 66% sur un an.

Malgré un recul de 18% depuis mai, le secteur laisse toujours apparaître un ratio cours/bénéfices 2006 de 32 fois, d'après Impax Asset Management à Londres. Ce niveau élevé signale un changement fondamental: les énergies renouvelables sont devenues rentables. Cet univers d'investissement n'est plus dominé par un pionnier comme le Canadien Ballard, dont les piles à combustible n'ont toujours pas trouvé d'application commerciale. L'indice DAXglobal AE lancé l'été dernier est constitué d'entreprises rentables comme le fabricant allemand de panneaux solaires Solarworld ou le constructeur espagnol d'éoliennes Gamesa. Ces fournisseurs de matériels ne se porteront bien que si leurs clients, les producteurs d'énergies nouvelles, tirent leur épingle du jeu. Or, aucun n'apparaît dans l'indice DAXglobalAE.

La société française Theolia est l'un des rares purs exploitants d'énergies renouvelables (voir ci-dessous). Cette petite capitalisation de 200 millions d'euros devrait bientôt être rejointe par un poids lourd de plus d'un milliard: EDF Energies nouvelles vient de déposer son dossier pour sa prochaine introduction en Bourse. Cette filiale d'EDF, qui produit 78% de son courant grâce à ses fermes à vent, annonce un chiffre d'affaires annuel de 335 millions d'euros pour un résultat net honorable de 15 millions.