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La baisse de la consommation de mazout, d’essence et de diesel devrait permettre une baisse de plus de moitié des émissions de CO2 en Suisse romande d’ici à 2050.
© VALENTIN FLAURAUD

Forum des 100

Les énergies renouvelables vont stimuler l’emploi

Acceptée en votation en mai 2017, la Stratégie énergétique 2050 devrait, en Suisse romande, conduire à une réduction de la consommation d’énergie de 53% et une diminution des émissions de CO2 de 72%. C’est ce qui ressort d’une étude réalisée par le Centre Energie de l’EPFL

La Stratégie énergétique 2050 devrait avoir un effet positif sur l’emploi en Suisse romande. Une croissance importante de postes de travail – de plus de 50% – est attendue dans le secteur des transports publics, de la rénovation de bâtiments, des installations de chauffage tout comme dans les secteurs du photovoltaïque ou de l’éolien. C’est ce qui ressort de l’étude réalisée par le Centre Energie de l’EPFL sur demande des banques cantonales romandes, en collaboration avec l’Institut CREA et le Forum des 100 du Temps.

A l’inverse, toujours en matière d’emploi, des reculs sont attendus dans le commerce et la réparation de véhicules et la distribution d’électricité et de carburant, apprend-on dans cette étude présentée mercredi à Lausanne par la Banque cantonale vaudoise (BCV).

Il y a un peu plus d’une semaine, l’Organisation internationale du travail (OIT) annonçait, également, d’importantes créations d’emplois d’ici à 2030, en lien avec les énergies renouvelables, les programmes d’efficacité énergétique ou encore les transports propres. L’OIT avance le chiffre de 17 700 emplois créés en Suisse d’ici à 2030.

Plus d’emplois qualifiés

«En exploitant des ressources locales, nous allons créer des emplois en Suisse, dont beaucoup sont qualifiés, tout en améliorant notre balance de paiement», affirme François Vuille, directeur du Centre Energie de l’EPFL.

Lire aussi: François Vuille sur les énergies renouvelables: «Nous sommes les cancres de la classe»

Acceptée en votation en mai 2017, la Stratégie énergétique 2050 vise à sortir du nucléaire, à réduire la dépendance aux énergies fossiles, mieux utiliser l’énergie en limitant les déperditions et accroître la part des énergies renouvelables. Sur le plan suisse et par rapport à la consommation d’énergie en 2015, la baisse visée d’ici à 2050 est d’environ 50%. Les émissions de CO2 devront quant à elles reculer de quelque 70% en un peu plus de trente ans.

Une accélération de la diffusion des énergies renouvelables ainsi qu’une limitation des déperditions et une utilisation plus efficace des ressources énergétiques sont nécessaires. Actuellement, les énergies fossiles représentent un peu plus de la moitié de l’énergie consommée alors que le nucléaire pèse pour 8%.

Qu’en est-il de la Suisse romande? Concrètement, par habitant, la Suisse romande doit réduire sa consommation d’énergie de 53% et ses émissions de CO2 de 72%. Cela implique notamment de réduire l’usage des énergies fossiles (–72%) et d’augmenter celui des énergies renouvelables (+114%).

La baisse de la consommation de mazout, d’essence et de diesel devrait permettre une baisse de plus de moitié des émissions de CO2 en Suisse romande d’ici à 2050. Une des autres conséquences favorables, pour chaque Romand, est une légère baisse probable, à terme, des dépenses annuelles liées à l’énergie (–4%).

Effort citoyen

Comment parvenir à atteindre ces objectifs tout en maintenant le niveau de confort et de prospérité du pays? «De gros efforts devront être faits dans l’efficacité énergétique, notamment en matière de transport et d’isolation des bâtiments, note François Vuille. En Suisse romande, depuis deux ans, c’est déjà le cas en matière d’assainissement énergétique des bâtiments.»

Les objectifs de diminution des émissions de CO2 et de réduction de consommation sont-ils réalistes? «Ils le sont. Toutefois, si nous connaissons le calendrier de sortie du nucléaire – la dernière centrale sera mise hors-service aux alentours de 2034 – nous ne connaissons pas le calendrier d’entrée des solutions alternatives. En d’autres termes, tout dépendra du bon vouloir des citoyens. Et c’est là que le bât blesse», tempère François Vuille.

L’effort incombe à chacun. «On ne peut pas forcer les propriétaires à acheter une voiture électrique, à remplacer la chaudière à mazout par une pompe à chaleur ou placer des panneaux solaires sur le toit. Or si les citoyens ne jouent pas le jeu, il faudra soit importer de l’électricité produite essentiellement grâce au charbon ou au nucléaire, soit la produire nous-même à partir du gaz naturel…», conclut François Vuille.


Redémarrage de la croissance

Après s’être inscrite à 0,9% l’an dernier, la croissance de l’économie romande devrait remonter à 2,3% cette année, selon les dernières prévisions de l’Institut CREA publiées par les six banques cantonales romandes, en collaboration avec le Forum des 100 du Temps.

«L’économie romande semble en passe de se remettre du choc de l’abandon, en janvier 2015, par la Banque nationale suisse du cours plancher de l’euro par rapport au franc, a fait remarquer mercredi devant la presse Jean-Pascal Baechler, conseiller économique à la Banque cantonale Vaudoise (BCV) et coauteur de la onzième étude annuelle sur le PIB romand. L’an prochain, même si une certaine prudence reste de mise, la croissance devrait se maintenir à un rythme relativement élevé, de 1,9%.»

Pour 2018 et 2019, les activités manufacturières devraient poursuivre sur leur lancée grâce à un environnement conjoncturel restant favorable et à l’affaiblissement du franc. Dans la construction, toutefois, la dynamique reste modérée par rapport aux années précédentes. Au sujet des activités de services, le commerce, les services aux entreprises et les activités immobilières, les services publics et parapublics, les services financiers ainsi que les transports et l’hôtellerie-restauration devraient alimenter la croissance.

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