«Nous sommes dans une période de transition énergétique», a récemment déclaré Daniel Yergin, historien du pétrole et vice-président du consultant IHS Markit. Il ne pouvait avoir davantage raison: le 8 octobre, ExxonMobil a été dépassé en bourse par NextEra, premier producteur mondial d’énergie solaire et éolienne. Le groupe pétrolier texan est désormais valorisé 143,8 milliards de dollars (130,7 milliards de francs) contre 149,6 milliards pour l’énergéticien basé en Floride.

Ce passage de témoin vient entériner un autre bouleversement à Wall Street. Le 31 août dernier, ExxonMobil avait été évincé de l’indice le plus célèbre de la bourse américaine, le Dow Jones Industrial Average. L’entreprise, qui avait rejoint l’indice en 1928 en tant que Standard Oil of New Jersey, fut le chouchou de la cote américaine durant des années. Un temps révolu: les investisseurs préfèrent désormais miser sur un groupe tourné vers les énergies renouvelables qui a réalisé 3,8 milliards de dollars de bénéfices pour un chiffre d’affaires de 19 milliards l’an dernier, plutôt que sur un géant des hydrocarbures qui a réalisé rien de moins que 14,3 milliards de bénéfices pour un chiffre d’affaires de 265 milliards.