Le fabricant de piles Energizer veut fermer sa dernière usine française. Et, selon les syndicats, une partie importante de la production pourrait être délocalisée en Suisse, à La Chaux-de-Fonds plus précisément, où le géant américain possède un site de production qui emploie environ 300 personnes. C'est en fin d'année dernière que la direction de la multinationale a annoncé son intention de fermer son usine de conditionnement de piles de Caudebec-lès-Elbeuf, près de Rouen, qui emploie 133 salariés.

Pour Antonio De Abreu, délégué du comité central d'entreprise en France, les procédures légales sont actuellement menées au niveau du personnel et une expertise financière court jusqu'à la mi-février, mais les intentions de la direction sont claires: «Ils veulent délocaliser la production de Caudebec en partie aux Etats-Unis, mais surtout à La Chaux-de-Fonds.»

La direction confirme qu'il existe bien un plan pour réorganiser sa structure industrielle en Europe et qu'il va dans ce sens. «Actuellement, certaines piles alcalines produites à La Chaux-de-Fonds sont envoyées en France pour le conditionnement, explique Pierre Roulet, directeur logistique pour Energizer en Europe. Avec le projet que nous avons mis en consultation, les produits pourraient être directement emballés à La Chaux-de-Fonds.» L'impact sur l'emploi, lui, resterait limité. Une vingtaine de postes pourraient être créés dans les Montagnes neuchâteloises suite à cette délocalisation, estime Pierre Roulet.

Le syndicaliste Antonio De Abreu envisage l'avenir avec prudence. «A long terme, La Chaux-de-Fonds pourrait également faire les frais d'une délocalisation de la production hors de l'Europe», note-t-il.