Comme toujours en Allemagne, la ténacité des négociateurs syndicaux a fini par payer. Après un dernier marathon de 18 heures, un accord est intervenu dans le Land de Rhénanie du Nord-Westphalie, samedi matin, à Düsseldorf, entre le syndicat IG Metall et l'association des employeurs Gesamtmetall (5000 entreprises, dont ThyssenKrupp, Siemens ou Volkswagen). Employeurs et syndicat ont conclu sur une augmentation de salaire de 3% dès juin et sur une prime modulable de 310 euros - une petite révolution - pour les mois de mars, avril et mai, en fonction de la situation économique de chaque entreprise. Cet accord concerne les 700000 employés de la métallurgie et de l'électronique en Rhénanie du Nord-Westphalie, mais selon les règles usuelles il devrait s'étendre aux 3,4 millions de salariés des autres régions. «Il s'agit d'un compromis raisonnable qui devrait aussi être accepté dans d'autres régions», a estimé le président d'IG Metall, Jürgen Peters, selon qui ce compromis permettra d'éviter de nouvelles grèves.

Après plusieurs semaines sociales très agitées, de nombreux débrayages d'avertissement chez Siemens, Bosch, DaimlerChrysler, Opel, la septième ronde de ces négociations ouvertes depuis le mois de février avait été interrompue mercredi. IG Metall avait alors menacé de déclencher une grève dure dans toute la branche. Mais selon la loi, le syndicat ne peut pas organiser de vote pour le déclenchement d'une grève avant le constat de l'échec des négociations.

«Accord absolument contre-productif»

A l'origine, les syndicats revendiquaient une hausse de 5% de l'ensemble des salaires, alors que le patronat limitait son offre à 1,2%. Les employeurs étaient prêts à faire des concessions en échange d'une plus grande flexibilisation des horaires de travail et notamment d'un allongement de l'horaire hebdomadaire.

L'Association allemande des constructeurs de machines a toutefois critiqué cet accord «absolument contre-productif» qui selon elle met en danger la capacité concurrentielle des petites et moyennes entreprises.