Un processus d’évaluation de dix-huit mois, 250 questions, des heures de réflexion sur le mode de fonctionnement de l’entreprise. C’est l’exercice auquel doivent se livrer les banques et entreprises désirant recevoir la certification B Corp. «Ce label, certifié par une organisation internationale indépendante, crédibilise ce que nous faisons depuis plusieurs années en matière de développement durable», explique Cyril Lanfranchi, chef du projet développement durable à la banque Bonhôte

La reconnaissance pour cette certification est croissante, les entreprises doivent notamment tenir compte de toutes les parties prenantes et plus uniquement des actionnaires. Elles réalisent également qu’elles ne peuvent plus prendre en compte uniquement leur impact direct mais également celui de leur chaîne d’approvisionnement.

Des engagements nombreux et concrets

En Suisse, une cinquantaine d’entreprises sont certifiées B Corp. C’est l’occasion pour elles de montrer et de valoriser leur engagement social et environnemental, par exemple en privilégiant les circuits courts en travaillant avec les entreprises de la région ou en apportant leur soutien à divers acteurs culturels régionaux. A l’échelle mondiale, 270 entreprises certifiées B Corp appartiennent au secteur financier. En Suisse, elles sont dix dans ce secteur. 

Mais l’engagement ne s’arrête pas là. Certaines banques ouvrent ainsi leur capital à leurs collaboratrices et collaborateurs, et se soucient de l’égalité des chances professionnelles et des salaires. Les clients ne sont, bien sûr, pas en reste, car leur gestion se trouve au cœur des objectifs du label B Corp. «Les acteurs de la finance ont un rôle stratégique important à jouer sur le plan environnemental, explique Cyril Lanfranchi. Ce sont eux qui dirigent les flux financiers et qui ont les moyens d’investir dans les énergies renouvelables, par exemple.»

Certaines banques proposent ainsi à leurs clients des mandats en investissement responsable qui prennent en compte les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG).


Des objectifs à remplir

Quatre-vingts points sur 250, c’est le minimum qu’une entreprise candidate au label doit obtenir. Certaines questions ne permettent pas aux établissements d’obtenir des points, car elles requièrent de transmettre des données sensibles. «C’était le cas pour les questions sur la diversité des collaborateurs, leur orientation sexuelle ou religieuse, par exemple», explique Cyril Lanfranchi. Certaines entreprises ne peuvent également pas fournir toutes les informations nécessaires relatives à leurs fournisseurs, notamment le détail des affaires réalisées avec eux et la proximité avec elles.

Réévaluées tous les trois ans

Comme l’indique Jonathan Normand, le directeur exécutif de B Lab Suisse, «les entreprises labellisées sont réévaluées tous les trois ans, une période qui leur permet, au besoin, d’ajuster leur note. Nos standards évoluent chaque 18 mois ce qui pousse les entreprises à s’améliorer tout en leur permettant de s’aligner sur les enjeux sociétaux et environnementaux actuels». La mission de l’ONG B Lab qui délivre la certification B Corp est de créer une infrastructure de marché qui permette de répondre aux grands défis sociétaux avec une gestion de l’impact rigoureuse et une gouvernance des parties prenantes intégrée. Le label B Corp – pour Benefit Corporation – est né en 2006 à Philadelphie, aux Etats-Unis, sous l’initiative de trois entrepreneurs. Leur idée: construire des modèles d’affaires et une économie régénérative, inclusive et résiliente.