«Il y a trente ans, ces rencontres étaient simples», a déclaré Klaus Schwab en conclusion du World Economic Forum de Davos dont il est le fondateur et le président. «Il n'y avait alors que quatre sujets de préoccupation: les rapports Nord-Sud, Est-Ouest, le rôle de la politique monétaire et le caractère du libre-échange. Aujourd'hui, le monde est devenu plus riche et plus complexe, et le Forum est un miroir de cette complexité.»

En cinq jours et 270 ateliers de travail, qui ont réuni 2311 participants dont 24 chefs d'Etat et 82 ministres, 63 directeurs d'organisations internationales et 74 l'organisations non gouvernementales, le WEF s'est en effet attelé à une constellation de thèmes. Marquée par la présence de John Ashcroft et de Colin Powell, deux poids lourds de l'administration Bush, l'édition a été imprégnée par la perspective de guerre en Irak.

Malgré cet élément dominant, le débat sur la globalisation n'a pas pour autant perdu en intensité. Révélée à Davos, une étude menée auprès de grands patrons dans 16 pays et 18 secteurs d'activité montre que les entreprises intègrent davantage les préoccupations éthiques dans leurs pratiques. Plusieurs de ces entreprises ont nommé des comités, au niveau de leur conseil d'administration, chargés d'assurer un comportement plus citoyen. Plusieurs initiatives lancées lors du Forum témoignent en outre de la volonté des responsables économiques de prendre en compte la contestation toujours plus structurée qui monte vers eux – ou au moins d'en donner l'impression.

Au chapitre des engagements concrets, Bill Gates, patron de Microsoft, a annoncé à Davos que la Fondation Bill et Melinda Gates fera une donation de 200 millions de dollars pour l'«Initiative en faveur des grands défis de santé mondiale», afin d'accroître les efforts de recherche américains sur les maladies les plus menaçantes à l'échelle du monde. Phamacia Corporation, une entreprise américaine, a annoncé pour sa part un geste en faveur de l'accès aux médicaments génériques contre le sida dans les pays les plus pauvres. Plus de 50 entreprises mondiales actives en Afrique ont signé une convention les engageant à une bonne gouvernance et à la promotion de pratiques commerciales plus éthiques. Le WEF a enfin créé un groupe de suivi pour évaluer les progrès accomplis dans chacun des pays partenaires de l'«Initiative pour une gouvernance globale», un programme qui sera administré par un groupe mixte de grands chefs d'entreprise et représentants syndicaux.