Revue de presse

Des ennuis pour Peter Spuhler et Stadler Rail en Californie

Un gros contrat pour l’entreprise thurgovienne de matériel ferroviaire dans la Silicon Valley vient d’être retardé à cause de la transition administrative à la tête du Département américain des transports. Mais tout n’est pas encore perdu, semble-t-il

«Trump freine les projets de Peter Spuhler en Californie», titre la Schweiz am Sonntag. Voilà la mauvaise nouvelle du week-end pour l’économie suisse et pour Stadler Rail en particulier, qui avait annoncé en août dernier une commande en Californie de 551 millions de dollars pour des trains à deux étages.

Las, le Département américain des transports (DOT) a bloqué la semaine dernière une subvention de 647 millions destinée à ce contrat passé avec le fabricant thurgovien de matériel ferroviaire. Un engagement de fonds fédéraux du DOT était attendu pour le début du mois de mars, mais il «a pris du retard en raison du changement de gouvernement et les nouvelles nominations qu’il implique à la tête du DOT», explique Stadler Rail.

«Des enjeux immenses»

Toutes les activités liées au contrat se poursuivent cependant. Mais l’opération «aurait toutefois pris du retard après l’entrée en fonction du 45e président des Etats-Unis». «Pourvu que cet optimisme s’avère fondé, espère donc 24 heures, car les enjeux du contrat du 16 août 2016 sont immenses»: il prévoit que Stadler équipe «l’exploitant californien Caltrain, dans la Silicon Valley», pour relier San Francisco à San José.

Dans le détail, le quotidien vaudois précise que le «deal» «intègre à la fois la conception et la fabrication de 16 compositions électriques KISS, à deux étages», équivalentes à celles des Regio Express qui desservent la ligne Lausanne-Genève, par exemple. «Sans oublier une option des plus prometteuses pour 96 wagons supplémentaires, d’une valeur totale de 385 millions de dollars. Et c’est la première commande pour ce type de modèle léger que l’entreprise suisse a obtenue chez l’Oncle Sam. […] En plus de sa rapidité (vitesse de pointe de 177 km/h), la flotte en aluminium remplacera les lourdes locomotives diesels actuelles, en acier. Ce changement de matériel contribuera donc à une forte réduction d’émissions polluantes.»

Des trains «anachroniques»

Tout est donc «bloqué» alors que «l’affaire était conclue», déplore la Basler Zeitung. Et c’est d’autant plus ennuyeux que pour Stadler que c’était un vrai «coup» d’avoir décroché ce contrat, juge l’Aargauer Zeitung (AZ). Compte tenu du fait que le business avait été décroché dans une région du monde qui représente une formidable vitrine technologique, mais où les trains actuels sont «bizarrement anachroniques», comme «des survivants d’une époque révolue à l’heure des laboratoires futuristes de Facebook et Google qui ont pignon sur rue». Si l’opération parvient tout de même à terme, ce sera donc «un effet massif sur le marché», espère Peter Spuhler, patron de Stadler Rail, ex-conseiller national UDC et acteur économique important de l’industrie helvétique:

Pour la Californie, qui n’a pas voté Trump, c’est aussi une grosse déception, dit l’AZ. «La version officielle» de la nouvelle administration américaine, c’est qu’elle doit «réexaminer le projet de budget» conclu sous l’ère Obama, écrit Blick. Et l’on sait aussi que son successeur à la Maison-Blanche est plutôt «un fan de la route» que du rail. Aussi ces circonstances donnent-elles un méchant «coup de frein à un projet fondamental pour l’économie» de la Silicon Valley, fait remarquer un élu local du Congrès.

Echec à Zurich aussi

Ce coup dur s’ajoute au fait que Stadler Rail et Siemens viennent d’échouer devant la justice zurichoise pour une autre affaire: le tribunal administratif ne leur a pas accordé d’effet suspensif quant à leur recours contre l’acquisition de 70 nouveaux trams Bombardier par les transports publics de la ville de Zurich.

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