L'agence américaine de régulation des marchés des matières premières (CFTC) a lancé une vaste enquête pour déterminer s'il y a eu manipulation des prix sur les marchés américains de l'énergie, a-t-on appris jeudi soir.

D'ordinaire confidentielle, la procédure a été rendue publique «parce que les conditions du marché sont aujourd'hui sans précédent», dit la CFTC.

Une semaine auparavant, la Commission du Sénat américain sur la sécurité nationale présentait le témoignage à charge de Michael Masters, un gérant de hedge fund indépendant, sur la façon dont des institutions financières contribuent à affoler les prix des matières premières (LT du 24.5.)

Pression politique

Ce point est contesté par des économistes et l'industrie pétrolière, qui affirment que la hausse du prix du baril, qui s'accélère depuis peu, est due au déséquilibre entre offre et demande. Le chef économiste de la CFTC déclarait lui-même au Sénat que les augmentations de prix dans les matières premières sont «largement indépendantes des achats et ventes par des fonds». Quelle que soit l'issue du débat d'experts sur les causes de la flambée du pétrole, la pression politique, elle, a clairement augmenté cette semaine.

L'enquête de la CFTC a commencé en décembre 2007 et concerne plusieurs facettes des opérations financières liées à l'or noir. L'une d'elles porte sur la manipulation à court terme des prix du brut à travers la plate-forme de suivi des prix Platts, selon le Wall Street Journal. Les détenteurs de stocks et les courtiers en kérosène feraient l'objet d'enquêtes séparées. La CFTC associe à son enquête l'autorité britannique de surveillance des marchés, la FSA, étant donné qu'une partie importante du négoce pétrolier se fait sur l'International Petroleum Exchange de Londres. Ce mois, les sénateurs Dianne Feinstein et Carl Levin ont déposé un projet de loi dans le but de soumettre les bourses de matières premières étrangères aux mêmes règles de supervision qu'aux Etats-Unis.

Selon les demandes de la CFTC, les courtiers devront fournir des informations plus fréquentes et plus détaillées sur leurs opérations «spot» ou à terme.