Zone euro

Entre la BCE et l’Allemagne, un fossé béant

ANALYSE. Le mois passé, Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne, a une nouvelle fois appelé l’Allemagne à investir ses excédents pour stimuler son économie qui est au bord de la récession et celle de la zone euro. En vain. Berlin s’accroche à l’orthodoxie économique et tient à la stricte discipline et à l’équilibre financier

Entre l’Allemagne et la Banque centrale européenne (BCE) sous la présidence de Mario Draghi, les relations ont rarement été cordiales. Alors que ce dernier arrive au bout de son mandat, les hostilités éclatent au grand jour. Pour preuve, la démission inattendue de Sabine Lautenschläger, la représentante allemande au comité exécutif de la BCE. Son prédécesseur Jürgen Stark avait jeté l’éponge en 2011. Cette même année, Axel Weber avait quitté la présidence de la Bundesbank à cause de divergences avec la politique monétaire menée par Mario Draghi.

Le différend porte surtout sur un point. L’Allemagne tient à une stricte discipline financière et à l’équilibre budgétaire pour les Etats de la zone euro même si cela comporte une sévère cure d’amaigrissement. La BCE sous Mario Draghi, elle, a non seulement ramené le taux directeur dans une zone négative, mais a aussi mis en place une politique monétaire fort accommodante afin d’assurer le flot des liquidités.