Analyse

Entre Merkel et Macron, une confiance économique rompue

Le président français avait été accueilli à Berlin comme un réformateur résolu à replacer son pays sur les rails de la discipline budgétaire et du désendettement. Ses annonces, au fil de la crise des «gilets jaunes», ont ravivé la réputation d’une France trop dépensière

«Oui, le Brexit aura un coût économique élevé si les Britanniques quittent l’Union européenne (UE) sans un accord négocié préalable. Mais préserver la cohésion politique de l’UE est, de loin, un critère de décision plus important. Les principes communautaires valent plus que les carnets de commandes.»

Ainsi nous parlait, au retour du sommet de Bruxelles du 10 avril, une source haut placée au Ministère français des finances. Un message de fermeté adressé aux Allemands qui, lors de ce dîner bruxellois des dirigeants des 27, venaient de répéter leur nouveau credo: l’économie européenne est aujourd’hui trop faible pour encaisser le choc imprévisible d’un «no deal». Pas question, pour Berlin, de laisser un tel risque planer sur les échanges commerciaux avec le Royaume-Uni. D’où la proposition initiale d’Angela Merkel de laisser à Londres jusqu’à la fin octobre 2020 (soit presque deux ans) pour se décider. Délai finalement amputé d’un an – au 31 octobre 2019 – sur l’insistance d’Emmanuel Macron…