L’ambition de Sophia Genetics n’était un secret pour personne. Fondateur et patron de la société basée à Saint-Sulpice (VD), Jurgi Camblong avait déjà annoncé en 2018 viser une introduction en bourse (IPO). L’homme n’a jamais caché vouloir devenir l’un des leaders mondiaux d’un marché dont il dessine le profil génétique: l’exploitation du génie informatique dans le domaine médical et pharmaceutique.

Une pandémie et une grosse levée de fonds plus tard, la start-up vaudoise passe donc enfin à l’acte. Elle a annoncé lundi matin avoir choisi le Nasdaq pour sa cotation. Un choix logique puisque c’est pour ce marché qu’optent la plupart des entreprises actives dans les sciences de la vie. Le communiqué de presse publié ne précise pas le nombre d’actions qui seront émises, ni la date visée pour l’IPO.

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Fondée en 2011, la société travaille aujourd’hui avec plus de 750 hôpitaux, laboratoires et entreprises pharmaceutiques. Elle est active dans près de 70 pays et a depuis quelques années mis l’accent sur son expansion aux Etats-Unis avec la création d’une antenne à Boston. Elle emploie environ 450 personnes dont un peu moins de 200 en Suisse. 

Exploiter les données pour la médecine

Tout d’abord spécialisée dans la récolte, le traitement et la mise à disposition de données pour les hôpitaux à des fins de diagnostics, Sophia Genetics a élargi son champ d’action. Elle s’est diversifiée dans la recherche pharmaceutique, travaillant de concert avec des sociétés du domaine pour les aider à gagner en précision et en efficacité dans le développement et l’expérimentation de leurs traitements. Elle a par exemple lancé en 2019 un partenariat avec ADC Therapeutics, autre entreprise d'origine vaudoise. Ensemble, les deux partenaires ont cherché à identifier un biomarqueur associé à une réponse clinique à l'un des médicaments développés par la biotech, basée elle à Epalinges. 

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En huit ans, la société a levé quelque 230 millions de francs, selon les estimations du site Startupticker.ch. L’entrée en bourse de Sophia Genetics sera aussi l’occasion de découvrir la véritable valeur de la société qui, toujours selon Startupticker, était valorisée à 500 millions de dollars, à l’issue de sa dernière levée de fonds, à l’automne dernier. Régulièrement interpelée sur la sensible question de la protection des données qu'elle recueille, l'entreprise a toujours assuré veiller à leur anonymisation totale. 

L’entreprise avait alors levé 110 millions de dollars dans un tour de financement emmené par les fonds israélien aMoon et japonais Hitachi Ventures. Plusieurs investisseurs suisses y avaient participé: le fonds genevois Endeavour Vision et la banque Pictet, mais aussi Credit Suisse et Swisscom Ventures. En début d'année, le site spécialisé labiotech.eu identifiait l'entreprise comme l'une des 21 sociétés les plus prometteuses du Vieux Continent. 

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