Quand les OPA fleurissent, les IPO (Initial Public Offerings) bourgeonnent. Il se pourrait bien que les candidats se bousculent à nouveau au portillon pour entrer en Bourse, même si pour l'instant, seul un léger frémissement laisse présager que les entreprises s'y intéressent à nouveau. «C'est encore un peu trop tôt, mais en général les OPA précèdent les IPO», explique Sergio Terribilini, vice président chez Vontobel. Aux Etats-Unis, on dénombre, selon l'AFP, paradoxalement 10 entrées en Bourse pour une valeur de 2,8 milliards de dollars au premier semestre, contre 49 pour une valeur de 15,3 milliards de janvier à juin 2002, dans un contexte pourtant déjà déprimé. En Europe, les dernières entrées en Bourse ne reflètent pas encore une reprise de cette activité.

Bank Austria a fait son entrée à la Bourse de Vienne, où un quart de son capital a été placé par HypoVereinsbank. L'opération est censée rapporter 1,1 milliard d'euros pour renflouer les caisses de la maison mère. «C'est un cas particulier, relativise un analyste. Cette introduction en Bourse a pour objectif de renforcer les fonds propres d'HypoVereinsbank. La banque n'avait plus trop le temps d'attendre avant de placer ces actions sur le marché.»

Autre introduction en Bourse la semaine dernière, celle de Yell, les pages jaunes anglo-saxones, issues de British Telecom en 2001. Ce spin-off fut financé par les sociétés américaines de capital-risque Apax et Hicks, Muse, Tate and Furst qui avaient repoussé une première fois l'introduction de Yell en Bourse en raison de la déprime des marchés boursiers.

Retour des investisseurs institutionnels

Un an après, elles ont donc profité d'une lucarne météo pour tenter de retrouver leur mise de fonds. Sergio Terribilini ne croit pas à une recrudescence fulgurante du nombre d'IPO's ces prochains mois. «Aujourd'hui, ce sont des cas spéciaux, qui n'ont rien à voir avec le niveau de la fin des années 1990». En outre, les petits investisseurs ne se précipitent pas vers le marché des actions, échaudés par les pertes qu'ils ont subies à l'éclatement de la bulle spéculative. Ces derniers restent méfiants.

Ce sont donc plutôt les investisseurs institutionnels qui reviendraient vers le marché des actions, selon un banquier de la place. Outre les IPO et les OPA, les marchés financiers redeviennent aussi le théâtre de volumineuses émissions d'obligations convertibles en actions. Par exemple, la banque publique allemande KfW a émis le plus gros emprunt de ce type jamais réalisé dans le monde, échangeable en actions du groupe de télécommunications Deutsche Telekom. Son volume pourrait atteindre 5 milliards d'euros. Ce serait davantage que General Motors qui, moins de deux semaines auparavant, avait levé 4 milliards de dollars.