Clariant, le géant bâlois de la chimie, a-t-il participé à un système d’achat groupé illégal en complicité avec d’autres entreprises européennes? En l’occurrence, il s’agit d’éthylène, une matière qui entre dans la production de divers produits, dont les plastiques. La Commission européenne a ouvert une enquête à cet effet, l’objectif étant de voir si les règles anti-concurrence ont été violées.

Au 31 décembre 2016, la multinationale comptait 17 442 collaborateurs en Suisse et dans le monde. L’an dernier, ses ventes totalisaient 5,8 milliards de francs.

Clariant coopère pleinement

L’ouverture de cette enquête a été confirmée par la Commission mercredi. Celle-ci a indiqué que les inspecteurs du commissaire à la Concurrence ont effectué des descentes surprises dans les bureaux de plusieurs entreprises basées en Europe. Le même jour, Clariant a fait savoir qu’elle était aussi visée par l’enquête. «L’entreprise coopère pleinement avec les autorités compétentes et ne donnera pas de détail sur une enquête en cours», dit-elle dans un bref communiqué.

La Commission précise qu’aucune échéance n’a été fixée pour conclure l’investigation qui a démarré au printemps. Elle fait surtout savoir que l’ouverture d’une enquête ne laisse entendre d’aucune façon que les entreprises concernées sont coupables de quoi que ce soit. «Nous ne pouvons divulguer aucune autre information, pour protéger la procédure en cours», déclare Ricardo Cardoso, porte-parole de la Commission, au Temps.

Bénéfice en hausse au premier trimestre

Dans un tout autre registre, Clariant a réalisé un bénéfice net au premier trimestre 2017 de 153 millions de francs, en hausse de 20% par rapport aux trois mois précédents. Selon les résultats publiés jeudi, le chiffre d’affaires a affiché une hausse de 8% pour atteindre 3,3 milliards de francs. Pour l’ensemble de l’année, le groupe table sur une poursuite de la croissance.

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La multinationale bâloise a aussi saisi cette occasion pour faire le point sur la fusion en cours avec l’américain Huntsman. Objectif: grimper dans le peloton de tête mondial de la branche. La transaction devrait être bouclée en décembre 2017 ou au début de l’année prochaine, sachant que certains actionnaires y sont toujours opposés. Notamment le fonds activiste américain Corvex, par le biais de son véhicule d’investissements White tale. Ce dernier a, selon l’AFP, dévoilé début juillet avoir pris une participation de 7,2% dans le capital de Clariant. Depuis, il l’a encore augmenté au-dessus de 10%.