La Fédération des chambres de commerce et d'industrie allemandes (DIHT) montre du doigt les entreprises du pays. Selon l'enquête réalisée auprès de ses membres présents dans 74 pays, la compétitivité des compagnies allemandes s'est détériorée en 1997, malgré un effort considérable consenti sur le plan des prix. Avec une croissance de 12,4%, les exportations des entreprises du pays sont restées largement en dessous de l'essor du commerce mondial qui affichait une hausse de 19% l'an dernier. Par conséquent, relève le DIHT, la part de l'Allemagne dans le commerce mondial a diminué de 0,7% l'an dernier par rapport à 1996 pour se stabiliser à 10%. Le pays se situe ainsi à la deuxième place au niveau mondial derrière les Etats-Unis qui, eux, ont vu leur part de marché dans le commerce international passer de 15,5 à 16,4% durant le même laps de temps.

L'enquête relève en outre que les entreprises allemandes ont fortement reculé sur les marchés de la plupart des pays de l'Union européenne, à l'exception du Danemark et de l'Espagne. En revanche, elles ont pu gagner du terrain en Europe centrale et orientale, tout en confirmant leur position sur le marché nord-américain, Mexique inclus. Pour 1998, le DIHT s'attend à une stabilisation des parts de marché de l'Allemagne dans le monde, grâce notamment à la reprise en Europe occidentale. A terme, la Fédération compte sur des débouchés plus difficiles, en raison d'une concurrence grandissante en matière de prix.

Les conclusions de cette étude rendent toutefois sceptiques les analystes financiers. «Il est certes possible que quelques secteurs d'activité très concurrentiels, voire certaines petites et moyennes entreprises, éprouvent des difficultés accrues à exporter, expose Philippe Schindler auprès de Ferrier Lullin & Cie, mais cela n'est probablement pas le cas des grandes entreprises cotées qui voient leurs cours boursiers et leur rentabilité en constante amélioration. Le seul exemple de l'industrie automobile allemande montre à quel point ces entreprises sont compétitives.» Ulrike Kaiser de Lombard Odier & Cie ne pense pas autrement: «Il est bon de rappeler que la croissance allemande a été poussée l'an dernier essentiellement grâce aux exportations. Un phénomène, il est vrai, qui s'est un peu ralenti durant le premier semestre de cette année, notamment en raison de la crise asiatique. A mon avis, il serait toutefois erroné de conclure à une baisse de compétitivité de ces entreprises qui, dans un environnement fiscal et social relativement défavorable, ont entamé très tôt leur restructuration. Les délocalisations en sont une conséquence et elles n'entrent probablement pas dans ces statistiques.»