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"Les entreprises sont dépendantes de l'informatique"

Elles continuent à investir massivement dans les technologies de l'information, mais pour quels gains de productivité?

Les investissements que les entreprises consacrent chaque année à leur outil informatique ont de quoi donner le vertige. Prenons l'exemple des Etats-Unis: de 1990 à 1996, les compagnies américaines ont dépensé 1100 milliards de dollars en équipement, soit pas loin du double des sommes allouées durant les mêmes années de la décennie précédente. Et c'est encore sans compter les frais consacrés aux logiciels, à la mise en réseau ou au support technique qui totalisent quatre à cinq fois les montants servant à acquérir du matériel informatique. Toute la question est maintenant de savoir si de tels investissements ont eu les gains de productivité espérés. Pour beaucoup, la vigueur de l'économie américaine en est la meilleure preuve.

Morgan Stanley Dean Witter ne partage de loin pas cet avis, prétendant dans une étude iconoclaste sur la question que la croissance de la productivité américaine a été largement surévaluée. Stephen Roach, chef économiste de la banque américaine d'investissements, se pose en faux contre les calculs faisant état d'une hausse de 3% à 4% des gains de production depuis le milieu des années 90, contre à peine 1% une décennie auparavant. La banque estime au contraire que la tendance à long terme ne s'est guère modifiée depuis 1980, soit une augmentation annuelle de 1,3% qui représente exactement la moitié des gains obtenus lors des années 50 à 60.

Autrement dit, les entreprises américaines n'auraient plus grand-chose à glaner dans l'efficacité de leur production, distribution et planification, l'essentiel ayant déjà été mis en œuvre notamment grâce aux investissements lourds dans l'informatique. Dans ces conditions, pourquoi s'entêter à allouer des milliards et des milliards pour des outils qui ne rapportent plus que des gains marginaux? Pour Stephen Roach, la réponse s'impose: tout simplement parce que les entreprises sont entrées dans un tel état de dépendance en matière informatique, qu'elles ne peuvent plus faire autrement. Il suffit de penser au montant de la facture totale du passage à l'an 2000, soit plusieurs centaines de milliards de dollars, pour se rendre compte de toute l'importance de la question.

Dans ces conditions, il y a fort à parier que les dépenses informatiques ne devraient guère diminuer dans les années à venir. Aux Etats-Unis toujours, celles-ci représentent désormais 19% des investissements en capitaux dans les entreprises, amortissements non compris, contre 13% il y a six ans à peine. L'analyse de Stephen Roach qui remet en question la rentabilité de tels placements mériterait toutefois que l'on s'y attarde, même si les gourous du management et les constructeurs informatiques prétendent en cœur que des millions d'utilisateurs ne peuvent pas tous se tromper ensemble.

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