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Les entreprises genevoises ont beau être moins innovantes, en volumes, que leurs homologues d’autres cantons, elles vendent mieux leurs nouveaux produits: 60% du chiffre d’affaires, contre 34% à l’échelle nationale.
© SALVATORE DI NOLFI

Enigme

Les entreprises genevoises sont moins innovantes que la moyenne nationale

Le bout du lac cumule les mêmes points forts que la Suisse. Il dispose en plus d’un puissant écosystème international et abrite une foison d’organismes pionniers d’aide à la création d’entreprise. Mais le tissu économique du canton est moins inventif que la moyenne nationale

Selon une étude publiée ce mardi de la Chambre de commerce, d’industrie et des services et de la Banque Cantonale de Genève, les entreprises genevoises sont beaucoup moins nombreuses à innover par rapport à la moyenne nationale. Entre 2010 et 2012, seuls 18,7% d’entre elles avaient mis sur le marché de nouveaux produits, contre 31,8% en moyenne helvétique.

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Sur le plan des améliorations de processus, l’écart est encore plus flagrant: 4,7% de sociétés genevoises, contre 19,2% pour la Suisse. Genève est à la traîne, résument les auteurs de l’analyse. Ce d’autant plus que le canton ne se place pas parmi ceux ayant attiré le plus de capital-risque. Avec ses 100 millions de francs captés en 2015 – trois des vingt principales levées en Suisse ont concerné trois biotechs genevoises: ObsEva, GenKyoTex et Prexton Therapeutics –, Genève reste loin derrière Vaud (173 millions) et Zurich (172 millions), qui à eux deux cumulent 51% de ce type d’investissements à l’échelle nationale.

Caractère innovant du bout du lac

Autre chiffre intéressant: à Genève, les entreprises ayant innové tirent de leurs nouveaux produits 60% de leur chiffre d’affaires. C’est presque le double en comparaison nationale (34%). Revers de la médaille: il y a davantage de laissés-pour-compte au bout du lac.

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La vie entrepreneuriale est difficile à Genève, qui est un canton cher. Le plus cher (loyer, prix de l’énergie, imposition, etc.) même de tout le pays, à en croire l’indicateur UBS de compétitivité 2016. Genève est aussi la collectivité où les finances publiques sont les plus sinistrées. Ce qui réduit la marge de manœuvre des autorités pour améliorer sa performance économique. Genève manque par ailleurs de masse critique d’investisseurs – capital-risque en tête –, malgré une amélioration récente de la situation, orientée toutefois principalement vers les biotech et medtech. Le taux de diplômés en sciences et en ingénierie y est parmi les plus faibles du pays.

Aversion au risque

Alors que Bâle peut compter sur Roche et Ciba, Genève manque de grandes entreprises qui investissent, fournissent un réseau et injectent des spécialistes dans le tissu régional, selon l’étude publiée ce jeudi par la CCIG et la BCGE. Autre défaut du canton: une carence de véritable culture entrepreneuriale, comme dans le reste de la Suisse. Voilà pour le côté face.

Côté pile: Genève bénéficie d’un rayonnement international hors normes. La région est reconnue pour la qualité de sa recherche académique et la complémentarité de ses organismes d’aides à la création d’entreprises. Il abrite de nombreuses multinationales suisses et étrangères. Sans compter une volonté marquée des autorités (stratégie économique 2030) d’accompagner la transition vers la 4e révolution industrielle et mettre en valeur les points forts locaux, comme avec le Campus Biotech. Et en plus des superdéductions et autres «patent boxes» fédérales proposées dans le cadre de la 3e réforme de l’imposition des entreprises, Genève pourrait se doter d’un fonds pour l’innovation moyennant un taux d’imposition intermédiaire de 13,79%, qui sera ramené à 13,4% après 5 ans.

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